Coronavirus: L’évolution de l’épidémie en Belgique

Pour la première fois depuis près de deux mois, le nombre de personnes hospitalisées a diminué. Mais il ne faut pas se réjouir trop vite.

On fait le point. - BELGA

La présidentielle américaine a détourné notre attention ces dernières 24 heures de l’actualité principale de notre côté de l’Atlantique: l’épidémie de Covid-19. Où en est-elle en Belgique? Côté contaminations, le nombre de nouveaux cas est toujours en léger recul, même s’il reste encore très important. Entre le 26 octobre et le 1er novembre, 14.091,7 infections en moyenne ont été recensées chaque jour, selon le rapport de l’Institut de santé publique Sciensano, soit un recul de 6%. Sauf que le nombre de tests réalisés diminue lui aussi (-9%), en raison du changement de stratégie de testing. Cela signifie qu’un certain nombre de nouvelles contaminations – les contacts à haut risque asymptomatiques et les vacanciers en provenance de zones rouges – sont absentes des statistiques, prévient Sciensano. Il est donc difficile d’interpréter pour l’instant ce chiffre de contaminations. Il est toutefois intéressant de préciser que le taux de positivité tend lui aussi à légèrement diminuer: 28,5% à l’échelle nationale contre 28,8% entre le 25 et le 31 octobre.

« Les chiffres évoluent de manière positive, et ces tendances semblent actuellement se confirmer », s’était réjoui mercredi le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus, Yves Van Laethem.

« Les mesures fonctionnent »

Autre indicateur: les hospitalisations. Pour la première fois depuis mi-septembre, le nombre de personnes hospitalisées a légèrement baissé en 24 heures, passant de 7.485 patients Covid mardi à 7.405 ce mercredi. Bonne nouvelle? Pas tout à fait.

Tout d’abord, parce que cette baisse ne s’observe pas partout en Belgique, comme dans le Hainaut où le nombre de personnes hospitalisées augmente légèrement. Aussi, parce que le nombre de patients en soins intensifs continue, quant à lui, de grimper, passant de 1.351 à 1.412 lits occupés et s’approchant des 2.000 lits disponibles en phase 2B. Enfin, parce que le nombre de nouvelles admissions reste important, 655 en 24 heures, portant la moyenne à 679,9 entrées quotidiennes entre le 29 octobre et le 4 novembre, soit une hausse de 15% par rapport à la semaine précédente.

Le transfert d'un patient Covid-19

– BELGA PHOTO/BENOIT DOPPAGNE

Après une folle envolée, ce ralentissement laisse espérer l’atteinte d’un plateau, dans les prochains jours. Ceci est positif, même si c’est loin d’être suffisant. « Ces chiffres nous montrent que les mesures mises en place fonctionnent. On s’attend à une accentuation du phénomène avec le nouveau train de mesures », avait déjà annoncé l’infectiologue lors de la conférence mercredi. « Nous ne sommes donc pas hors de danger, mais ces chiffres vont dans le bon sens et doivent nous conforter dans la poursuite de nos efforts. »

Point négatif

Mais alors, si ces indicateurs sont en hausse, comment se fait-il que le nombre de personnes hospitalisées a, lui, diminué? C’est là la mauvaise nouvelle. On aurait pu espérer trouver notre réponse du côté du nombre des sorties pour guérison. S’il atteint un nouveau pic (673), soit plus que le nombre d’admissions (655), cela ne suffit pas à expliquer cette diminution de 80 personnes hospitalisées. Il faut donc se tourner vers le nombre de décès… Toujours avec quelques jours de retard sur la courbe des admissions à l’hôpital, celui-ci poursuit son inquiétante remontée. La Belgique a recensé 205 décès en 24 heures – après 268 la veille -, ce qui porte la moyenne des décès quotidiens entre le 26 octobre et le 1er novembre à 146,7, contre 71 la semaine précédente. Soit une augmentation de 107%.

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