Voici les mesures les plus efficaces contre le Covid-19

Parmi les restrictions sanitaires mises en place, certaines plus que d’autres ont permis de faire baisser le taux de reproduction du coronavirus. Des chercheurs ont ainsi estimé quel était le cocktail parfait de mesures contre la pandémie.

Liste des mesures édictées à Saint-Étienne (Loire) le 12 octobre @BelgaImage

Alors que l’Europe fait face à une deuxième vague de coronavirus, une étude vient d’être publiée dans la revue The Lancet après analyse des mesures sanitaires prises dans 131 pays. Des chercheurs de l’université d’Édimbourg ont dressé la liste de celles qui avaient le plus d’effet sur la pandémie. Elles ne se valent pas toutes…

Les événements publics dans le viseur

Pour réaliser leurs recherches, les scientifiques ont observé le taux de reproduction du virus, c’est-à-dire le nombre moyen de personnes infectées par un malade, à la fois lorsqu’une restriction est mise en place mais aussi quand elle est abandonnée. Plus ce taux dépasse 1, plus il y a d’individus contaminés. S’il est en-dessous de 1, le nombre de malades décroît et s’il atteint 0, l’épidémie s’éteint. Chaque mesure est donc passée au crible pour savoir si elle diminuait plus ou moins fortement le taux de reproduction. Au final, celles qui ont un réel effet permettent une baisse de 3% à 24% au bout de 28 jours après leur introduction.

En premier lieu, on trouve l’interdiction des événements publics. Avec cette seule restriction, le taux chute à 0,76 après quatre semaines. Si les autorités décident en revanche de renoncer à cette contrainte, on passe de 1 à 1,21 après 28 jours. Selon les chercheurs d’Édimbourg, ce résultat n’est pas surprenant. «Premièrement, parce que l’annulation de ce genre de manifestations publiques permet d’éviter qu’elles deviennent des événements super-contaminateurs. Deuxièmement, l’effet observé est important car il s’agit souvent d’une des premières mesures mises en place par les gouvernements».

L’école, ce lieu clivant

La deuxième mesure la plus efficace est peut-être celle qui fait le plus parler: la fermeture des écoles. Les débats sont vifs pour savoir quel est le potentiel contagieux des enfants mais d’après cette étude, une chose est certaine. Les établissements scolaires, de manière générale, jouent un rôle clé dans la propagation de la maladie. En renvoyant les enfants chez eux, le taux de reproduction du virus baisse en 28 jours à 0,85. À l’inverse, si ceux-ci reviennent à l’école, ce chiffre passe à 1,24. C’est le relâchement le plus délétère, juste derrière le retour des rassemblements de plus de dix personnes (1,25 après quatre semaines). Un résultat non négligeable pour une seule mesure.

L’étude a néanmoins quelques défauts quant à l’appréciation du poids des écoles dans l’épidémie. Les données sont prises de façon globale, sans différencier les établissements qui auraient respecté ou pas les gestes barrières. Les auteurs ont par exemple pu remarquer qu’un lycée en Israël s’était transformé en cluster géant à cause de classes bondées sans obligation de port de masque. De même, les chercheurs n’ont pas différencié les âges. Ils n’ont donc pas établi si une fermeture du secondaire, comme décidé cette fin de semaine en Belgique, a plus ou moins d’influence qu’une fermeture des maternelles et des primaires. Tout ce que l’on peut dire, c’est que globalement, l’école est potentiellement un vecteur majeur de contamination.

Quelle est la combinaison gagnante?

Après l’interdiction des lieux publics et la fermeture des écoles, les mesures les plus efficaces sont la fermeture des lieux de travail, puis l’exigence de rester à la maison et les limitations de mouvement à l’intérieur du pays. Mais la meilleure des options, cela reste évidemment de combiner toutes ces restrictions, ce qui revient à faire un confinement total. En combinant ces cinq décisions avec l’interdiction de rassemblement de plus de 10 personnes, le taux de reproduction tombe à 0,48. D’après l’étude, c’est ce qui peut être fait de mieux. Si on décide d’épargner les écoles et de ne pas forcer la population à rester chez soi, comme l’a fait la France hier, ce chiffre monte à 0,58. Si en plus de cela les autorités n’édictent aucune restriction de déplacement au sein du pays, ce qui ressemble plus au scénario belge de ce jeudi 29 octobre, on arrive à 0,62.

Est-ce que cela sera assez pour que la France et la Belgique reprennent le contrôle de l’épidémie? De toute façon, les chercheurs d’Édimbourg préviennent que les effets des mesures mettent en moyenne 17 jours avant de se faire sentir. Les contraintes les plus efficaces ont toutefois une influence déjà une semaine après leur mise en application. À noter par contre que certaines décisions n’ont pas d’impact frappant sur l’épidémie, comme la fermeture des transports publics et la limitation des voyages internationaux. Quant à la fermeture de l’horeca, cela reste une inconnue puisque cette mesure n’a pas été prise en compte dans l’étude.

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