Reconfinement: Au tour de la Belgique ?

Après la France, il devient difficile d'imaginer que nous échapperons au reconfinement. Mais n'est-il pas déjà trop tard?

Un membre du personnel médical près d'un hôtel transformé en centre pour les patients Covid-19, à Bruxelles - Reuters

Emmanuel Macron a frappé fort. Le président français a annoncé mercredi soir un nouveau confinement sur tout le territoire français, à partir de ce vendredi, et ce jusqu’au 1er décembre au moins. Mais celui-ci sera plus souple qu’au printemps: les maisons de repos maintiendront les visites et les écoles primaires et secondaires ainsi que les crèches resteront ouvertes. En revanche, les commerces « non-essentiels » devront fermer, tout comme les bars et restaurants. Un couvre-feu sera instauré dans toute la France et les déplacements entre régions seront interdits. Le télétravail sera par ailleurs généralisé « partout où c’est possible ».  

« Comme tous nos voisins, nous sommes submergés par l’accélération soudaine de l’épidémie par un virus qui semble gagner en force à mesure que l’hiver approche que les températures baissent », a déclaré Macron dans son allocution aux Français. « Le virus circule à une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas imaginée. Nous devons donner un coup de frein brutal », a-t-il prononcé, afin d’endiguer la deuxième vague qui sera « sans doute plus dure et plus meurtrière que la première ».

Après l’Irlande, le pays de Galles et la République Tchèque, la France est le quatrième pays ou région en Europe à choisir de confiner l’ensemble de sa population, l’arme la plus puissante contre la progression foudroyante du virus. La stratégie de riposte graduée et localisée a finalement été abandonnée, alors que le pays est en passe de retrouver le pic épidémique qui avait été atteint au printemps.

Une guerre de retard

La Belgique devrait bientôt suivre son exemple, alors le pays détient le plus haut taux de contamination d’Europe d’après le classement du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Après avoir enchaîné des mesures régionales, avant que celles-ci ne soient uniformisées mercredi soir, le reconfinement semble être sa dernière arme contre le virus afin d’éviter la saturation des soins de santé. L’heure est grave, même pire qu’en France, puisque le pic des hospitalisations de la première vague a déjà été dépassé chez nous, avec 5.924 patients actuellement hospitalisés pour le Covid-19, dont 993 en soins intensifs, contre 5.759 malades le 6 avril dernier.

A l'hôpital CHU Dinant-Godinne

– Reuters

« La situation dans notre pays est particulièrement critique », a alerté mercredi le Premier ministre Alexander De Croo. « La dernière chose dont nous avons besoin est de nous diviser et d’avancer en ordre dispersé. Nous ne pouvons pas céder à la division. Le seul combat à mener est celui contre le virus », a-t-il poursuivi, annonçant la publication d’un arrêté ministériel afin d’harmoniser les mesures annoncées en Wallonie, à Bruxelles et, cinq jours plus tard, en Flandre. Le chef du gouvernement parle pour la première fois d’un « confinement partiel » au niveau fédéral, mais pour combien de temps?

La réunion de la dernière chance

Un comité de concertation aura lieu ce vendredi après-midi, plus de dix jours après la fermeture de l’horeca qui n’a produit visiblement aucun effet sur la courbe. C’est donc la réunion de la dernière chance. Le ministre-président wallon Elio Di Rupo a déjà annoncé qu’il insisterait « pour aller le plus loin possible dans le confinement », même si cela acterait l’échec de la stratégie belge dans cette lutte contre le coronavirus. Le reconfinement semble ne plus être qu’une question de temps. Sauf que du temps, nous n’en avons vraisemblablement plus.

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