Vers des mesures plus strictes en Flandre

Encore? Après la Wallonie et Bruxelles, c'est au tour du gouvernement flamand de se réunir, ce mardi, pour durcir les mesures contre le coronavirus.

Jan Jambon - BELGA

« Je ne vais pas commencer à asperger ma maison aujourd’hui parce qu’un incendie va peut-être y éclater la semaine prochaine », estimait dimanche Jan Jambon dans l’émission De Zevende Dag. Lors du dernier Comité de concertation, la Flandre avait freiné le durcissement des mesures, obligeant la Wallonie et Bruxelles à enchaîner les annonces supplémentaires. Néanmoins, face aux derniers chiffres du Covid-19 dans le nord du pays, le ministre-président flamand a vite revu sa position. Sous la pression des experts et de certains bourgmestres, le gouvernement flamand se réunira ce mardi soir à 18h pour prendre, lui aussi, d’éventuelles mesures additionnelles contre le rebond de la pandémie de coronavirus.

Les chiffres alarmants

« Nous sommes déjà en feu », avait réagi lundi le virologue Steven Van Gucht. Si le sud du pays concentre actuellement le plus de nouveaux cas, la Flandre présente les plus fortes augmentations en pourcentage. « L’évolution épidémiologique dans la partie flamande a dix jours de retard sur l’évolution que nous avons connue et connaissons en Wallonie », estimait lundi Yves Van Laethem. En effet, la progression de l’épidémie est la plus rapide en Flandre orientale (+90%), en Flandre occidentale (+74%) ainsi que dans le Limbourg (+65%), passé récemment dans le rouge. L’ensemble des provinces belges est désormais au niveau d’alerte maximal. Il faut donc agir partout.

La grogne des bourgmestres

Face à cette évolution critique, de nombreux bourgmestres flamands ont appelé à un renforcement des mesures sanitaires. « Il est urgent de se réunir pour aller plus loin dans les mesures », a lancé lundi soir la gouverneure d’Anvers Cathy Berx, craignant pour la situation dans le secteur des soins. « Les lits à disposition, c’est une chose, mais il faut des êtres humains pour soigner. » Les bourgmestres du Limbourg ont réclamé unanimement un renforcement des mesures anti-covid en Flandre. Sans surprise, les communes de la périphérie de Bruxelles ont vu débarquer de nouveaux visiteurs bruxellois suite à la fermeture des salles de sport et des lieux culturels dans leur région. Les bourgmestres du Brabant flamand, la province flamande la plus touchée par le coronavirus, se sont réunis virtuellement lundi, sans toutefois parvenir à se mettre d’accord sur des mesures supplémentaires. « Nous nous trouvons tous face au même défi. Nous devons nous tenir côte à côte dans la lutte contre ce virus », a déclaré le bourgmestre de Vilvorde Hans Bonte, déplorant l’« attentisme » du gouvernement flamand.

Une rue anversoise vide

L’été dernier, un couvre-feu avait été instauré durant un mois à Anvers – BELGA

« En tant que pays, nous ne devons pas nous laisser diviser dans la lutte contre le virus. Nous ne vaincrons le virus que si nous faisons tous ensemble ce qui est nécessaire », a rappelé lundi le Premier ministre Alexander De Croo dans un message similaire, félicitant le gouvernement flamand d’organiser un Conseil des ministres.

Ce qui est sur la table

La Flandre va-t-elle donc suivre la tendance du « reconfinement partiel » ? Plusieurs nouvelles mesures sont envisageables dans le nord du pays, comme l’extension du couvre-feu, de 22h à 6h, dans un souci d’uniformisation. À l’instar de ce qui se fait en Wallonie et à Bruxelles, les secteurs des sports, de la culture et de l’événementiel pourraient également être impactés.

Côté enseignement, le ministre flamand Ben Weyts avait déjà annoncé dimanche soir l’allongement du congé de Toussaint jusqu’au 11 novembre inclus, sans toutefois suivre le sud du pays sur le recours à l’enseignement à distance pour les élèves du secondaire dès ce mercredi 28 octobre.

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