Pourquoi le Kazakhgate n’est-il pas retransmis comme l’affaire Publifin?

Jusqu'à présent aucune retransmission systématique de la commission d'enquête fédérale sur le Kazakhgate n'a eu lieu, au contraire de Publifin. Pourquoi?

La commission d'enquête du Kazakhgate attire bien moins de caméras que Publifin. ©Belga

La commission d’enquête sur l’affaire Publifin a été retransmise en direct par de nombreux sites d’information, dont la RTBF, RTL, Le Soir. Dimanche, sur les ondes de Bel-RTL, Jean-Marc Nollet chef de file écolo au parlement fédéral clamait que le Kazakhgate est dix fois pire que l’affaire Publifin. Et de justifier les détournements de fonds et le fait que les plus hautes autorités de trois Etats étaient concernés. Jusqu’à présent cependant, aucune retransmission de la commission d’enquête fédérale n’a eu lieu, au contraire de Publifin. Il ne s’agit pas d’une volonté politique de garder l’affaire touchant Patokh Chodiev discrète ou confidentielle. Il s’agit bien d’un choix médiatique.

« La Chambre donne accès dès qu’une demande est faite. Les caméras fonctionnent ici mais un média doit prendre le signal », commente Jean-Marc Nollet. « Le Parlement pourrait évidemment avoir sa propre télévision mais la capacité de connections reste limitée aujourd’hui. Par ailleurs, le jeudi, en séance plénière, il y a une retransmission sur le site de la chambre qui permet à n’importe quel citoyen de suivre les interpellations ».

A la RTBF, on fait remarquer que des retransmissions du Kazakgate ont eu lieu, au cas par cas. « Nous le ferons encore à l’avenir en fonction de l’intérêt des auditions », souligne Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF.

Pour rappel, le Kazaghgate concerne l’homme d’affaires belge d’origine kazakhe, Patokh Chodiev, qui a négocié avec la France de Nicolas Sarkozy plusieurs contrats aéronautiques à condition que celle-ci fasse abandonner les poursuites pénales dont il fait l’objet en Belgique. Et c’est ce qu’elle fera par l’intermédiaire de l’ancien président du Sénat, Armand De Decker. L’élu MR est en effet soupçonné d’avoir téléguidé la modification de la loi belge en faveur de l’oligarque poursuivi. L’affaire pourrait remonter à présent et impliquer Didier Reynders lui-même. Ce mercredi, les auditions reprennent. « On a travaillé pendant deux mois sur la naturalisation. Maintenant, on est sur la transaction financière qui est le cœur nucléaire du dossier.

Désintérêt? Les acteurs centraux ne sont pas encore venus à part l’ancien ministre français Guéant. Par ailleurs, le dossier est dix fois plus complexe que celui de Publifin qui concerne une intercommunale et une province. « Mais ici on parle de plusieurs milliards d’euros. C’est une autre dimension », appuie Nollet.

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