Vu d’ici (2)

Quoi, le complot météorologique contre l’Horeca, contre Knokke-le-Zoute et contre Walibi est déjà terminé? Il a suffi d’un rayon de soleil et le Belge est redevenu sérieux? C’est dommage. 

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Surtout pour ma chronique vacancière "Vu d’ici, la Belgique est encore plus drôle". Toujours éloigné de 9.000 km, j’ai scruté, fureté, fouiné la Toile: quasiment rien, cette semaine. Pas une idiotie un peu digne de nous! Si, il y a l’autre désordonné des nic-nac, qui met en scène son agression par des forces anti-vérité vraie sur la pieuvre pédophilique. Mais Laurent Louis n’a jamais été drôle.

Juste fulgurant de bêtise. En quête de drôlerie "à la belge", j’ai même un peu zieuté ailleurs et demandé l’aide de nos voisins français, qui parfois tentent d’imiter notre côté farce. Ils ont failli y arriver, dimanche midi, quand toutes les rédactions de France étaient secouées par un événement de la plus haute portée géopolitique: Valérie Trierweiler a fait son retour sur Twitter! Est-ce qu’on se rend bien compte du truc? Le dimanche 22 juillet 2012 à 12h51, plus d’un mois après son tweet anti-Ségolène, Valoche a enfin brisé l’insupportable silence: elle a retweeté! Et pour dire quoi, cette fois?

Qu’elle trouve Angela Merkel assez pétasse? Que Carla Bruni cherche un nouveau mec? Non: que son compagnon-président, lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vél d’Hiv, a fait un "magnifique discours, très émouvant". Plouf. Pschitt. Plop. Décidément, les Français ne vont jamais au bout de la drôlerie. C’est normal: ils ne sont pas Belges. Je me rabats donc sur nos drôles à nous, mais non, décidément: pas un Philippe Moureaux, pas un Richard Fournaux, pas même une reynderserie à déguster.

Désespéré, je m’apprête à vous remettre une feuille blanche quand, heureusement!, nos amis nordistes viennent une nouvelle fois à ma rescousse. Une semaine après Eric Van Rompuy qui, très drôle, découvre que la N-VA ne veut pas que du bien à la Belgique, un ex-ministre VLD est touché par la grâce. Patrick Dewael découvre tout subitement que "en acceptant dans ses rangs de nombreux anciens du Vlaams Belang, la N-VA est devenue une nouvelle plate-forme pour l’extrême droite".

D’une admirable lucidité, Patoche découvre même que les mandataires du Belang qui ont rejoint la N-VA "ne viennent pas tout seuls, mais aussi avec leurs sympathisants et surtout leurs idées"!Drôlement visionnaire, il prévient: "Ceux qui pensent que ces transfuges d’extrême droite ont renoncé soudainement à leurs idées xénophobes et racistes sont soit aveugles, soit naïfs". Mais c’est bien, ça, Patrick! Et tu sais ce qui est ultra-drôle, dans tout ça? C’est que nous, les imbéciles de francophones, on vous le serine depuis au moins des années que la N-VA est un parti populiste, simpliste, égoïste, xénophobe, excluant, et donc d’extrême droite. Evidemment, vu que ça venait de nous, ça ne pouvait être qu’idiot. Et maintenant que c’est toi qui le dis, je suppose que ça fait plus sérieux. N’empêche que c’est bête: vous auriez vraiment dû nous écouter. Parce que là, ensemble, la N-VA et le VB dépassent les 50 % dans les sondages. Ce qui, bientôt, pourrait faire de la Flandre une Région – ou un pays? – dirigé par l’extrême droite. Je sais, ça n’est pas drôle. Mais c’est vrai.

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