Tournée générale d’Etat

Et voilà! A force de critiquer les dépenses de la Maison royale, les dotations princières ou l’Euro Millions de Tante Fabi, ça finit par chicaner.

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On coupe les queues de cerises en quatre. "Certains" reprochent maintenant au pauvre Philippe de se faire rembourser des notes de frais après ses missions économiques! Et pas bien lourdes, les notes: 5.000 € en sept ans, avec une moyenne de 250 € par voyage. Rien, quoi. Certes, lors de ces déplacements, tout est pris en charge par l’Agence belge du commerce extérieur: avions, hôtels, transports, frais de bouche, tout. D’où question: quelles notes pour quels frais? Et là je dis: mais qu’est-ce qu’il glande, Armand De Decker!?

Normalement, Monsieur Touche-pas-à-Laeken aurait déjà dû réagir! C’est son boulot, à Armand, la dévotion royale. S’il faisait correctement son job, il aurait déjà expliqué à "certains" que les notes de frais du prince se justifient pleinement. Or on ne l’entend pas. Je me sens donc un peu obligé d’assurer l’intérim. Alors sachez d’abord, aurait dit Armand, que quand Philou d’amour s’en va "ouvrir des portes" pour les entreprises belges, il n’est pas rémunéré. (Les 923.000 € de dotation annuelle, ça compte pas.)

Ensuite, détrompons-nous: tous les frais ne sont pas couverts. Il en reste. Philippe le Bénévole doit parfois avancer de l’argent. Pour le bien de l’économie belge. Donc, in fine, pour les Belges! Il s’agit de dépenses d’Etat, en quelque sorte. Donc remboursables.

Par exemple, tout le monde sait que l’Héritier est un ambianceur-né. Le soir, après une pénible journée de labeur, le prince veille à la bonne atmosphère qui règne dans le groupe d’hommes d’affaires belges. Et pour ça, rien de tel qu’un bon godet au bar de l’hôtel: "Allez, tournée générale ici! Barman, vous mettez ça sur mon compte! Et que la fête commence!"

Offerts pour le bien des Belges, il est normal que ces godets deviennent des godets d’Etat. Donc remboursables. Autre exemple: quand, en mission économique, Philou doit aller aux water-closets, il rémunère la madame préposée à la propreté du petit coin. Et une pissouille d’Etat, lorsqu’elle est princière de surcroît, ce n’est pas bêtement 20 ou 30 centimes.

Ça vaut au moins dans les 2 € remboursables. Question de prestige. Et donc voilà. De retour en Belgique, le prince voyageur au grand cœur est bien obligé de rentrer des notes de frais d’Etat.

Une tâche dont il s’acquitte généralement pendant que Mathilde fait la vaisselle: "Dis, Chou, ma tournée générale d’Etat au bar du Taj Mahal à Bombay, c’était combien encore? Tu sais, c’est quand on avait fait un karaoké avec tous les gars de la FEB. Même que j’avais chantéLa danse des canardset que t’avais pris la tête de la farandole. Ça va si je mets 170 € pour ce godet d’Etat? O.K. Bon, après, tu te souviens combien de petits besoins d’Etat j’ai faits, au Mexique? Trois par jour, en moyenne? O.K. Trois fois Madame Pipi x 6 jours x 2 €, ça me fait 36 €. Et toi, combien de fois t’as repoudré ton nez d’Etat, au Brésil? Quatre fois par jour? O.K. Ah oui, j’oubliais! T’as acheté combien de paquets de chiclets d’Etat, en tout, à Singapour? Cinq? Ah, t’as pas gardé les tickets de caisse? Bon ben, tant pis, on prendra les chiclets sur ma dotation. Cadeau!"

vincent.peiffer@moustique.be

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