Stéphane Bern: " On a vu sortir des choses du sac à main de la reine "

Conversation autour de la personnalité de sa reine préférée, Elisabeth II, à qui il consacre un livre.

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Vous publiez un album royal sur Elisabeth II et sur la couverture du livre, votre nom est presque aussi grand que celui de la reine…
Je sais, c’est ridicule. C’est l’éditeur qui… – enfin, bon…

Elisabeth II est-elle la reine des reines?
En quelque sorte, oui. C’est une des dernières à avoir été ointe par les saintes huiles à Westminster, c’est-à-dire qu’elle n’est pas couronnée, elle est sacrée.

Elle peut guérir les rhumatismes par simple imposition des mains?
Je ne crois pas qu’elle ait accompli de miracle, à part celui de maintenir, tant bien que mal, la barre du gouvernail d’une famille qui se tient à peu près.

Cette femme parfaite a-t-elle des défauts?
On imagine qu’elle en a, mais la reine a éclipsé la femme. Ce qu’on pourrait lui reprocher c’est que, prise par son devoir, elle a un peu négligé l’éducation de ses enfants, ayant toujours eu une prédilection pour les chiens et les chevaux.

Elle n’est pas un peu radine?
Radine, je ne sais pas. Elle est économe. C’est bien en temps de crise, des femmes comme ça, qui font attention à ce qu’elles dépensent…

Aventurons-nous autour de sa garde-robe… Cette palette si autobiographique – ce jaune si Elisabeth, ce bleu si queen… Elle a construit sa silhouette avec une bande de stylistes homos qui ne savent pas se tenir ou quoi?
Je ne veux pas croire qu’elle ait fait ça toute seule, ce serait dramatique. Elle a un style inimitable, et personne n’a forcément envie de l’imiter, mais c’est un style qui se plie à une règle importante: être vue de loin par le plus grand nombre – en rose bonbon, en jaune canari ou en vert émeraude.

L’avez-vous déjà rencontrée?
Oui, je l’ai rencontrée trois ou quatre fois…

Vous êtes copains alors!
Non. Même le Premier ministre qui la rencontre toutes les semaines n’est pas son copain.

Qu’est-ce que vous vous êtes raconté?
Que des choses très banales, c’est ça qui est merveilleux avec elle, il n’y a aucun sujet glissant ou controversé. Je me souviens qu’elle m’avait demandé ce que je faisais, je lui avais expliqué que je passais mon temps à interviewer des personnalités et elle m’avait dit: "Oh! Vous devez rencontrer des gens passionnants".

Et maintenant, quand elle vous croise, elle crie "Hey Stephen!", et elle quitte son groupe pour venir vous dire bonjour…
Non, elle a du métier mais pas à ce point.

C’est impressionnant de la rencontrer?
Plutôt. Au premier abord, on voit une petite dame avec un joli teint de porcelaine et des yeux bleu pervenche. Au deuxième, on voit un mythe, un monument qui impose une sorte de déférence naturelle.

On a l’impression de rencontrer un pont? Ou un château…
Plus que ça, un personnage religieux.

Savez-vous ce qu’il y a dans le sac à main de la reine?
On a vu sortir des choses du sac à main de la reine… Il y a un tube de rouge à lèvres Elizabeth Arden, on peut imaginer un poudrier, même si on ne l’a jamais vu, il y a aussi une paire de gants de rechange, un mouchoir…

Un porte-monnaie avec sa petite monnaie?
Non, jamais d’argent. Il y a toujours quelqu’un pour payer. Et parfois, dans son sac à main, elle a des biscuits pour chien…

Qu’aimeriez-vous avoir qu’elle a?
Sa longévité. C’est une reine durable.

Le destin d’une reine, Albin Michel, 145 p.

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