Quand on y pense…

J’ai fait un rêve. On était en juin 2012. Un homme politique grec bidouilleur de chiffres (au choix, le panel est large) dirigeait toujours son pays. DSK était devenu président français.

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Et Berlusconi racontait une bonne grosse blague salace à son gouvernement, la main posée sur la cuisse d’une ex-télé-bimbo devenue ministre (au choix, le cheptel est large). Un mauvais rêve? Pas sûr. Parce que, quand on y pense, ça aurait pu. Démocratiquement, ça aurait même dû. En Grèce, le peuple souverain n’a pas éjecté Papandréou (ou un autre tripoteur de chiffres).

Et les citoyens italiens n’ont pas expulsé Berlusconi en bonne et due forme, c’est-à-dire via les urnes. Le boulot a été réalisé par une fine équipe de nettoyeurs essentiellement composée du FMI, de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne, soutenue par son gros sponsor du moment: les marchés financiers. Au dernier G20, je vous résume la teneur des propos tenus par l’équipe de nettoyage: "Alors voilà comment on va faire, les deux guignols: ou bien vous dégagez de votre plein gré par une jolie démission, ou alors vous vous brossez pour recevoir les milliards de boules qui vous éviteront la faillite. Vu?"

Et quand on y pense encore, pas plus tard qu’il y a six mois, c’était du tout cuit, en France: DSK allait être président de la République,bouffant Sarko the fingers in the nose.

Tout profit pour Dodo la Saumure, qui allait exploser son chiffre d’affaires de proxo en fournissant à l’Elysée des camionnettes de péripatéticiennes, ceci afin que Dodo la Tringlure puisse assumer ses hautes fonctions dans de bonnes dispositions mentales. Devenue première dame, Anne Sinclair (dite Nananne la Banqueuse) aurait continué de fermer les yeux sur les besoins vitaux de son chéri, ravie que le grand homme tâte d’autres chairs pour se sentir d’attaque afin d’accomplir son énorme destin. Démocratiquement, ça aurait pu.

À propos de rêve, le Cavaliere prétendait dès dimanche (lendemain de sa démission un rien forcée, donc) qu’il était déjà "prêt à reprendre le chemin du gouvernement". Comme je ne suis pas certain qu’il s’agissait d’un trait d’humour, Silvio, tu serais gentil de bien vouloir brancher ton sonotone. Parce que j’ai un truc important à te dire…

Les milliers d’Italiens qui étaient dans les rues samedi soir n’étaient pas là pour te dire: t’es trop drôle, t’es beau comme un dieu, t’es milliardaire, t’as une quéquette en titane, donc reste notre chef, on t’aime trop! C’était le contraire, Silvio: ces gens faisaient la fête parce que tu te casses. Les Italiens ont enfin compris qu’ils étaient dirigés par un tocard pathétique: toi.

Tu saisis, Silvio? Donc tu prends ta gomina et ton botox, tu retournes faire de la télé crétine sur tes chaînes à paillettes, ou alors tu rentres dans une de tes bicoques pour jouer bunga bunga avec des fausses blondes rémunérées. Et tu laisses faire les grandes personnes qui ont un cerveau en bon état, maintenant.

Oui, j’oubliais de vous dire: dans mon rêve, il y avait aussi Bart De Wever. Il était notre Premier ministre. Démocratiquement, ça aussi, ça aurait pu…

vincent.peiffer@moustique.be

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