Pour les droits acquis du travailleur

Maintenant que le grand Didjé a fait un pas de géant vers la résolution du schmilblick institutionnel, le petit Wouter va sûrement nous choser une solution. On est rassurés. Et on peut parler de choses intimes.

21156

Par exemple: pourquoi suis-je à ce point attaché au prince Laurent Benoît Baudouin Marie de Belgique? Oui, Monseigneur Lolo, je te kiffe! Peut-être à cause de ton air de poète un peu fourt. Ou de cette allure classieuse. Peut-être aussi parce que tu es né en 1963. Comme moi, dis donc! Attends, je vérifie: toi, c’est le 19 octobre. Moi, c’est le 1er avril. Oh, ça va! Tu peux rigoler, n’empêche que tu me dois le respect.

Et à propos de respect, je trouve que la Sabena, c’était quand même mieux. Pas pour nous: à la grosse louche, ça devait être la compagnie la plus chère du monde. Je parle pour vous: du temps béni de la Sabena, la famille royale volait à l’œil. Et en 1re classe! Tu te souviens, Lo? On libérait même les fauteuils derrière ton siège, pour que tu puisses incliner ton dossier à fond. Oui, parce que vu la lourde chape de responsabilités qui pèse sur ses épaules, ça doit pouvoir se reposer mieux que nous autres, un prince.

Bref, ces gens de la Sabena avaient du respect. Tandis que Brussels Airlines, pardon! Des cuistres, oui! Maintenant, quand tu vas en congés payés avec Clairette et les gamins, ou quand tu dois aller au mariage de la vicomtesse Marie-Chantal de la Clôture du Fond du Jardin, c’est dingue: tu dois payer tes billets! Et ça, camarade, c’est clairement une régression inacceptable des droits acquis du travailleur princier! T’as toujours eu tout gratuit: ton faux boulot simili-écologique à l’IRGT, puis ta dotation à 320.000 patates par an, ta villa Clémentine à Tervuren, ton argent détourné de la Marine et tes billets d’avion. Et là, sous prétexte que la Sabena a fait faillite et que Brussels Airlines est une boîte privée, tu dois tailler dans ton budget déjà fort étriqué pour pouvoir voyager. Comme un bête Belge qui n’est même pas prince!

Donc ton sang de pourfendeur d’injustices bouillonne. Tu te rebelles. Fort peu solidaires de ton action, des empaffés d’employés de Brussels Airlines sont allés raccusepoter à la presse en disant que tu achètes des places éco mais que tu exiges à chaque fois des sièges en classe affaires. Et que tu refuses de payer tes consommations. Même qu’une fois, ces manants du petit personnel de bord ont refusé de t’upgrader en business! Et donc toi, normal, t’as fait un scandale en dénonçant leur "manque de professionnalisme". Evidemment, toi tu prétends que toutes ces accusations sont même pas vraies. T’as raison, Lo. De gros menteurs! Tu sais quoi, Lo? Je parie qu’il y a des employés de Brussels Airlines qui se lèvent le matin en se disant: tiens, si j’emmerdais un Saxe-Cobourg! Aujourd’hui, je vais téléphoner à des journaux pour dire que Mathilde elle a fait un doigt comme Laurette à une hôtesse de l’air. Ou alors que Tante Fabi a mis du poil à gratter dans le costume du pilote. Moi je dis qu’on vous cherche, Lo. Même qu’il y a peut-être un complot entre Brussels Airlines et les flics, qui t’ont aussi retiré ton permis pour excès de vitesse. Si ça se trouve, certains veulent nous faire croire que tu te comportes comme un sale péteux d’enfant gâté de ta mère. Alors que c’est pas possible, puisque t’as 47 ans! Je le sais bien: moi aussi. En plus, toi, t’es prince.
v.peiffer@telemoustique.be

Sur le même sujet
Plus d'actualité