Philippe et la presse

Je manque à mes devoirs: ça fait au moins quelques semaines que je ne vous ai pas informés de l’hyperactivité de nos prince(sse)s de Belgique. 

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Après une longue période de récupération, Laurent a retrouvé le goût de l’action: il était à la conférence de l’ONU sur le développement durable "Rio + 20". Pour y faire quoi? Pour y être. C’est déjà bien. De plus, Laurent s’est rendu à Rio à ses frais (c’est-à-dire aux nôtres, vu que "ses frais", c’est notre dotation).

Donc voilà, il y était, c’est chouette. Du côté d’Astrid et de Claire, c’est comme d’hab’: rien. Elles s’occupent d’elles-mêmes et ça a l’air très prenant, comme activité. En revanche, et on n’en parle pas suffisamment, nous avons une autre princesse moins connue: Léa, épouse de feu le prince Alexandre, fils de Léopold 3 et de sa seconde épouse, Liliane Baels. Et la princesse Léa est très, très active.

Je lis d’ailleurs dans sa bio qu’elle est "très investie dans le domaine social" et qu’elle "accorde son Haut Patronage à des œuvres caritatives". Par exemple, pour vous dire comme elle est très investie, Léa est carrément membre du comité de patronage de la soirée de bienfaisance "La Nuit des Neiges" à Crans-Montana, en Suisse. Et attention, Léa ne fait pas que haut-patronner! Elle rend hommage, aussi. Surtout à son mari.

C’est un peu normal puisque c’est grâce à lui qu’elle est devenue princesse. Et donc là, elle vient de lui rendre un gros, gros hommage. Je le sais parce que Léa m’a envoyé un fort beau communiqué de presse entouré d’un liseré noir-jaune-rouge. Ça commence comme ceci: S.A.R. (ça veut dire Son Altesse Royale) la princesse Léa de Belgique a souhaité rendre hommage à son mari le prince Alexandre en créant le "Prix littéraire Prince Alexandre de Belgique". Encore un prix littéraire? Oui, mais ici, il est important, parce que "S.A.R. Alexandre était un passionné de lecture". Vu comme ça…

Mais nos princes les plus insatiables sont évidemment Philippe et Mathilde, qui se rendront ce week-end au 50e anniversaire de l’indépendance du Burundi à peine deux semaines après avoir achevé une importante mission économique au Japon. A cette occasion nippone, Philippe a donné une intéressante interview d’au moins trois questions et trois réponses sur un thème: la presse et lui, lui et la presse.

Question: estime-t-il que la presse donne une image correcte de lui? Réponse: "La presse est responsable de ce qu’elle écrit. Nous la lisons toujours avec beaucoup d’intérêt". O.K., c’est gentil, mais est-elle correcte, on vous demandait? "La presse est une manière pour les gens en Belgique de rester en contact avec nous et de savoir ce qu’on fait." Certes, Monseigneur, mais vous traite-t-elle correctement?

Des articles vous choquent-ils? "La presse écrit ce qu’elle pense être le mieux pour informer les gens correctement sur ce qui se passe." Oui-oui, on sait tout ça. Mais certains propos vous blessent-ils parfois? "Ce que la presse écrit est important, car c’est la seule façon pour les gens de s’informer de ce qui se passe." Hé-ho, les messieurs et les dames de la presse, ils vous demandent un AVIS! "Je fais confiance à la capacité de jugement des gens, des lecteurs, de se faire leur idée à eux." C’est vrai: parfois, Philippe énerve un peu la presse.

vincent.peiffer@moustique.be

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