Line Renaud: “C’est bien, ce que vous dites”

A 84 ans, elle montre l’exemple dans le classique intergénérationnel Harold et Maude.

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Vous êtes une vraie star, Line. Madonna et Lady Gaga, c’est rien à côté de vous!
(Rire) Ça, c’est la meilleure de toutes. C’est la meilleure de toutes, mais vous avez raison. Mais qu’est-ce que j’allais dire? Comment ça va, Sébastien?

Ça va bien, ça va bien… Pourquoi avez-vous encore accepté de monter sur scène pour cette pièce – Harold et Maude… Vous pourriez être tranquille chez vous à jouer à des jeux vidéo ou à faire du tricot…
Mais qu’est-ce que je ferais avec ces jeux vidéo? Vous savez, on a beaucoup de similitudes, Maude et moi – sur le cœur, l’amour de la vie, la lucidité. Elle transmet tout ça à ce jeune garçon de 20 ans, Harold qui, lui, est fermé. Elle va lui apprendre les petits bonheurs. Le rôle de Maude, je peux vous dire qu’on dirait qu’il a été écrit pour moi… J’ai un très bon contact avec les jeunes, je suis en osmose…

Ça veut dire que cette pièce, vous l’avez vécue plusieurs fois déjà dans votre vie…
Complètement. C’est bien, ce que vous dites, Sébastien. C’est vrai, c’est vrai. C’est complètement vrai.

Tous ces gens autour de vous, qui viennent attirer votre attention et vos bonnes grâces, ça ne vous fatigue pas, parfois?
Non, si ça me fatiguait, je ne le ferais pas. Je serais incapable de tricher là-dessus. Ce que je fais pour les autres, ça me fait du bien. Sans le savoir, ils me font du bien et ils me donnent autant que je leur donne. Vous savez, je reçois des textos si gentils de Nolwenn, de Christophe Mahé…

Et ils vous permettent de rester la jeune fille que vous avez toujours été…
Evidemment. Même plus jeune encore. J’ai la motivation d’une jeune fille.

Vous devriez ouvrir une communauté avec des jeunes qui, toute la journée, vous lancent des pétales de fleurs…
(Rire) Je vais proposer l’idée à un auteur, ça peut être bon, ça.

Découvrez-vous encore des choses sur vous ou, au contraire, vous vous connaissez par cœur?
Non, je ne me connais pas par cœur, mais j’ai un instinct qui me pousse souvent à avoir les bonnes réactions. J’écoute les conseils – en écoutant, on capte toujours des informations intéressantes, mais la décision finale, c’est toujours moi qui la prends. Loulou (Gasté, son mari et manager – NDLR) me disait toujours “Si un jour, je ne suis plus là, suis ton instinct”.

Vous donnez l’image d’une femme si gentille… Quand est-ce qu’on peut vous voir fâchée?
Oh, ceux qui m’ont vu fâchée n’ont plus envie de le revoir une deuxième fois. Je ne pique pas souvent de colère mais quand j’en pique une, c’est très fort. Et c’est souvent une colère juste… Je ne pique des colères que devant la mauvaise foi et les grands mensonges, ou devant la négligence. Mais j’oublie, je ne suis pas rancunière, ni vindicative. Se venger est une perte de temps. J’ai beaucoup pardonné et puis, parfois, je coupe les ponts.

Lisez-vous encore les articles qu’on publie sur vous?
Non. On me les signale. Mais une bonne critique, ça m’intéresse de la lire. Sinon, il y a des articles systématiques qu’on ne lit plus parce qu’on sait qu’on pourra faire le plus beau grand écart, le journaliste ne dira pas de bien.

Mais aucun journaliste n’est méchant avec vous. Vous êtes protégée par la presse…
Ils n’ont pas beaucoup de raisons d’être méchants. Mais c’est vrai que je ressens beaucoup de gentillesse autour de moi…

Vous êtes au-dessus de tout. Vous allez bientôt faire des miracles par simple imposition des mains et marcher sur l’eau.
J’aimerais bien, comme je nage mal.

Harold et Maude. Le 22/2 au Forum de Liège, 04/223.18.18.  Le 23/2 au Théâtre Saint-Michel, 02/732.70.73.

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