Les élections, ses bugs et ses drôles de résultats

Chaque mercredi matin, notre journaliste Vincent Peiffer a la langue bien pendue sur Bel-RTL. Cette semaine, Vincent est revenu sur les élections du 25 mai.

1104784

Dix jours après les élections, on en apprend encore de bien bonnes sur notre folklore électoral. Nous avons déjà un système à la proportionnelle qui oblige à faire des coalitions parfois étonnantes… Soit. Nous avons aussi l’apparentement, qui nous a valu 4 ans de Laurent Louis au Parlement… Soit. Nous avons encore eu le superbe bug électoral du vote électronique… Soit. Et puis hier, Pascal Delwit sortait sa calculette pour nous montrer à quel point les grands partis sont avantagés par rapport aux petits partis.  Ce n’est pas nouveau, mais à ce point-là, c’est étonnant. Selon le politologue de l’ULB, dimanche dernier, le siège d’un député fédéral du PTB valait – tenez-vous bien – quasiment 4 fois plus de voix que celui d’un élu MR. Et en Flandre, le siège d’un député écologiste de Groen valait en moyenne 18.000 voix de plus que celui d’un élu N-VA !

Ce n’est pas possible ! Eh bien si ! Pour en arriver là, Pascal Delwit a fait un calcul tout bête : pour chaque parti, il a divisé le nombre de voix par le nombre de sièges obtenus. Ça s’appelle un ratio. Et à ce petit jeu, le MR est le grand gagnant, alors que le PTB est le grand perdant. Avec ses 650.000 voix, le MR a envoyé 20 députés au Parlement fédéral. Alors qu’avec leurs 251.000 voix, le PTB et le PVDA flamand n’ont obtenu que 2 sièges : 10 fois moins ! Un député PTB représente 125.645 voix, alors qu’un élu MR ne « vaut » que 32.515 voix. 3,86 fois moins exactement…

C’est là que vous vous dites : il y a un stûût, le vote électronique a tout foiré ! Non, il y a trois explications. D’abord, le seuil électoral : il faut obtenir 5 % des voix par circonscription pour entrer en compte dans la répartition des sièges. Or un parti qui est en-dessous de ce seuil dans une ou plusieurs circonscriptions y "perd" toutes ses voix. Ensuite il y a la « clé D’Hondt » : un mystérieux diviseur de voix qui avantage toujours  le premier parti de la circonscription. Enfin, il y a le seuil d’éligibilité. Dans des régions peu peuplées comme au Luxembourg, peu de sièges sont à distribuer. Même s’ils dépassent le seuil électoral de 5 %, les petits partis n’obtiennent pas suffisamment de voix pour décrocher un siège. Et là aussi, les voix sont perdues… Résultat : les sièges du PTB ou du PP sont en moyenne beaucoup plus « chers » en voix que ceux du MR ou du PS.

Vous avez compris ? Non ? Ce n’est pas grave… Parce qu’il n’y a que deux deux choses à retenir. D’abord, notre système électoral est quand même très compliqué et très bizarre. Et puis surtout, moi je l’dis : « C’est todi les p’tits qu’on spotche » !

Sur le même sujet
Plus d'actualité