La langue bien pendue: Vincent Peiffer a une proposition pour Ecolo

Après la déconfiture du 25 mai, Olivier Deleuze et Emily Hoyos ont annoncé qu’ils quittaient la coprésidence d’Ecolo.  Enfin, pas tout à fait… Deleuze, oui : il veut se consacrer à sa commune de Watermael-Boitsfort. Mais Emily Hoyos se décidera à l’automne, après – je la cite – « avoir fait une introspection personnelle ».

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Ailleurs, après une pareille dégelée, les chefs auraient démissionné sur le champ. Mais on est chez Ecolo… Et donc hier matin à ce micro, Emily Hoyos expliquait comment les choses allaient se dérouler. Attention, on s’accroche… D’abord, jusqu’en décembre, un « comité de pilotage »  supervisera un travail de « refondation » qui doit lancer le parti dans un « processus de redéploiement ». Déjà, j’ai mal à la tête… Sur ces entre-faits, Emily Hoyos aura fini d’ « introspecter » et aura décidé si elle est candidate à la coprésidence. Ou pas… D’autres paires de candidats coprésidents se déclareront. Ce qui, cahin-caha, nous amènera au printemps 2015, quand sera enfin organisée une assemblée générale des militants, qui devra « reprofiler » le parti et organiser une élection anticipée pour désigner les nouveaux coprésidents… Ça va, la tête ?

Ça veut dire quoi, tout ça ? D’abord que la coprésidence, pourtant assez illisible, n’est pas remise en cause. Une coquetterie d’Ecolo. Ça veut dire aussi qu’Emily et Olivier resteront en place jusqu’en mars-avril 2015. Donc qu’Ecolo aura mis quasiment un an pour renouveler sa capitainerie. Et que pendant encore 10 mois, le parti sera dirigé par une moitié partante et une autre moitié poussée vers la sortie. Excellent pour le leadership… Au passage, Olivier Deleuze ne s’occupera à fond de sa commune qu’au printemps 2015, donc deux ans et demi après les élections communales…

Si je puis me permettre, il me semble qu’une des raisons de la grosse défaite électorale, c’est qu’Ecolo est perçu comme un parti incapable de décider, lent, discutailleur. Le parti des atermoiements, des demi-présidents, des demi-mesures sur le photovoltaïque, bref un parti coupeur de cheveux en quatre. Et là, au vu du long processus de « refondation », disons que c’est assez bien parti pour ne pas s’arranger… Donc j’ai une proposition ! Et si, chez Ecolo, on faisait exactement le contraire, pour une fois ? Des candidats à la présidence se présentent avec un projet, et les militants choisissent le meilleur. Disons, en octobre. Trois mois pour discutailler, ça devrait aller… Evidemment, c’est peut-être beaucoup trop simple et trop rapide pour Ecolo. Dans ce cas, faites comme si je n’avais rien dit…

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