La langue bien pendue – Vincent Peiffer parie sur la N-VA et gagne à moitié

J’ai gagné ! Rappelez-vous il y a quelques mois, je pariais sur un succès insuffisant de la NVA pour bloquer le pays, tablant sur un score de 26-27%, ce qui aurait été une défaite pour Bart De Wever. Et donc j’ai gagné mon pari !

1111234

 Enfin, à moitié… La N-VA a réalisé 32% des voix – donc là j’ai perdu.  Mais c’est bel et bien insuffisant ! Dimanche, la N-VA n’a pas affaibli le CD&V, le VLD et le SP.A. Au contraire ! Ces trois partis sont maintenant majoritaires en Flandre, sans parler du succès des écologistes de Groen. On le sait, la N-VA a quasiment siphonné le Vlaams Belang et complètement avalé la Liste Dedecker. On estime d’ailleurs que la moitié des voix de la N-VA lui viendrait d’anciens électeurs de l’extrême-droite flamande, qui dépassait les 20% dans ses belles années, si je puis dire.

Bref, j’ai gagné : malgré ses 32%, avec – je le répète – une très grosse louche d’extrême droite, la N-VA est coincée. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez vu Bart hier : comme on dit chez moi, il avait ses nerfs. Malgré sa confortable victoire, tous ses plans pourraient s’effondrer. Il voulait rapidement former un gouvernement flamand N-VA/CD&V/VLD, et dans la foulée imposer le même modèle au fédéral, en y injectant le MR et le CDH. Teu-teu-teu, ont dit tous les autres partis, on fait c’qu’on veut !

La réalité, c’est que personne ne veut gouverner avec la N-VA au fédéral. Avec la désignation de Bart De Wever comme informateur, on assiste à une petite séance de cinéma donc le scénario est le suivant : vous voyez bien qu’entre la N-VA et les autres, ça ne va jamais d’aller. Et sauf surprise, on se dirige tout droit vers la reconduction de la coalition rouge-orange-bleue. Pire, pour Bart : les majorités régionales pourraient être identiques. La N-VA pourrait même être écartée du pouvoir à la Région flamande ! Dans cinq ans, aux prochaines élections, les nationalistes auront donc vécu quasiment 20 ans dans l’opposition. Et ça, Bart De Wever peut le demander à ses amis ex-Vlaams Belang : à force, ça lasse !

Donc voilà, comme je suis joueur, je refais d’emblée un pari : en 2019, sans Bart De Wever à sa tête dès 2015, la N-VA subira sa première grosse tatouille électorale, et ce sera le début de la fin de la N-VA. Chiche ?

Sur le même sujet
Plus d'actualité