La langue bien pendue – Non, le FN n’a pas triomphé!

Chaque mercredi matin à 7H20 sur Bel RTL, Vincent Peiffer, journaliste Moustique, a la langue bien pendue. Cette semaine, il nous explique pourquoi la vague bleu marine n'existe pas.

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Comme c’était mon anniversaire hier – oui, le 1er avril –  je me suis offert un petit plaisir en écrivant une Langue bien pendue méthode Coué. J’ai donc scruté les résultats du Front National aux élections municipales françaises pour arriver à cette conclusion : le « Bleu Marine », c’est très surfait ! En fait, je ne vois pas où est le supposé triomphe du FN…

D’abord, le parti de Marine Le Pen a présenté 583 listes dans les communes de plus de 1.000 habitants, ce qui est certes un record. Mais ! Comme il existe 9.663 communes de plus d’un millier de personnes en France, j’en déduis qu’après 42 ans d’existence politique, le FN n’est capable de se présenter que dans 6% des municipalités. Ça fait du bien… Ensuite, si on farfouille un peu, on constate qu’aujourd’hui, leFront national compte 1.496 conseillers municipaux. Eh bien, c’est 100 conseillers de moins que le tout petit Parti communiste d’aujourd’hui, dont on ne parle jamais. Et puis surtout, la Francecompte quelque 213.000 conseillers municipaux. Le raz-de-marée du FN consiste donc à avoir fait élire 0,7% des élus municipaux.  Ça fait encore du bien.

Alors d’accord, il y a Hénin-Beaumont, Fréjus, Bézier, Beaucaire, Hayange, bref ces 11 mairies conquises par le Front national… Oui mais ! La France compte exactement 36.000 communes. C’est-à-dire que 35.989 maires ne sont PAS du Front national. Ou, si vous préférez, que le tsunami frontiste s’élève à 0,03% des mairies de France. Ça fait toujours de bien.

Autre constat qui, disons, relativise la toute grosse « vague bleu Marine »: les trois lieutenants de Marine Le Pen ont pris de grosses claques dans des villes qu’ils devaient, disait-on, conquérir à leur aise : le porte-parole du FN Florian Philippot à Forbach, l’avocat fanfaron Gilbert Collard à Saint-Gilles dans le Gard, ainsi que le n°2 et compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, à Perpignan. Ceci sans oublier que le FN devait facilement rafler Avignon, et que là aussi, c’est raté.  Ça fait beaucoup du bien.

Pour terminer, je signale qu’aucune des quatre villes qui avaient en son temps élu une mairie frontiste – c’est-à-dire Toulon, Orange, Vitrolles et Marignane –, aucune n’a jugé utile de réélire un maire d’extrême droite, fût-il lavé à la lessive « bleu Marine ». Ça aussi, ça fait un bien fou.

Voilà, je sais que quand il s’agira d’un scrutin national ou, dans quelques semaines, des élections européennes, on rigolera peut-être moins. Mais en attendant, comme on dit chez nous, j’ai eu bon…

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