La langue bien pendue – Les grands patrons

Chaque mercredi, notre journaliste Vincent Peiffer a la langue bien pendue sur BEL RTL à 7H20. Cette semaine, Vincent ne comprend pas bien les grands patrons belges.

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Je ne comprends pas bien… Il y a quelques mois, après l’éviction du Didier Bellens à 2 millions et demi chez Belgacom et le départ du Johnny Thijs à 1 million cent mille chez bPost, on allait droit à la catastrophe. Selon le gotha managérial du pays, on ne trouverait personne pour top-manager les entreprises publiques avec des salaires miséreux de 320.000 à 650.000 euros.  Ou alors des clettes… Mais, de toute manière, ça allait durer, durer ! Et d’ailleurs, le ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille, était un type rigide, limite bolchévique, donc dangereux.

Sauf que ! Fin septembre, Jo Cornu acceptait de diriger la SNCB pour 290.000 petits euros, plus un bonus de maximum 10%. Tiens, c’est bizarre… Un coup de chance, probablement. Sauf que ! Début janvier, Dominique Leroy remplaçait Bellens à la tête de Belgacom au tiers du salaire de son prédécesseur. Tiens, c’est bizarre… Un autre coup de bol, certainement… Mais pour remplacer Johnny Thijs à la tête de bPost, là on allait voir ce qu’on allait voir ! A ce tarif-là, Labille pouvait se brosser ! Sauf que ! Hier, on apprenait que Koen Van Gerven serait le nouveau CEO de la Poste, et ce à 650.000 euros tout compris. Trois fois de suite, ce n’est plus de la chance, c’est du miracle ! D’autant que Jo Cornu est un PDG réputé, que Dominique Leroy fait l’unanimité et que Koen Van Gerven est loin d’être une clette, puisque ce bras droit de Johnny Thijs est arrivé loin en tête des candidats approchés par le cabinet de recrutement.

Bref, comme je disais, c’est bizarre… La caste des grands patrons belges nous avait pourtant juré que les pointures du management iraient dans le privé, où on est bien mieux rémunéré ! Et que ces salaires au rabais allaient déforcer les entreprises publiques belges pour rapport à leurs concurrentes des autres pays ! Donc j’ai vérifié… Et vous savez quoi ? Dans les pays voisins, la plupart des PDG des entreprises publiques ne gagnent pas deux millions, ni même un million, mais dans les 500-600.000 euros…

Donc voilà, Messieurs et Mesdames les super-top-managers, finalement, j’ai compris : vous avez essayé de préserver vos salaires de zinzins par un gros lobbying et en racontant beaucoup de carabistouilles, mais c’est raté ! Cela dit, rassurez-vous, le dangereux ministre Labille a juste ramené vos salaires du niveau de l’escroquerie à celui du confortable. Du très, très confortable, même…

Ah oui, j’ai une dernière demande à vous faire… Après nous avoir gavés chiffres indécents pendant une bonne année, pourriez-vous vous taire ? Ca nous ferait des vacances… On fait comme ça ? Allez, merci ! Et sans rancune!

Les top managers, des menteurs?

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