La Langue Bien Pendue – La taxe kilométrique

Chaque mercredi, notre journaliste Vincent Peiffer a la langue bien pendue sur BEL RTL à 7H20. Cette semaine, Vincent revient sur le dossier de la taxe kilométrique et de la mobilité en général. Amateurs de propos édulcorés, s'abstenir.

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On le sait, Bruxelles est une des villes les plus embouteillées du monde. D’autres villes belges n’ont d’ailleurs pas grand-chose à envier à la Capitale. Essayez, par exemple, d’entrer dans Namur vers 8h30, vous verrez, c’est assez sport. Et donc, tous les Belges réclament davantage de fluidité du trafic. Ils n’en peuvent plus de passer trois heures par jour sur le ring pour entrer et sortir de Bruxelles. Et encore, ça, c’est quand il n’y pas d’accident. Bref, le Belge n’en peut plus de la saturation automobile.

Seulement voilà, lorsque des mesures sont envisagées, on découvre la seule chose qui rend les Belges unanimes : leurs habitudes automobiles ne doivent surtout pas changer ! Parce que, si j’ai bien compris, jusqu’ici, nous ne sommes d’accord avec rien… Des péages à l’entrée de Bruxelles ? Pas question ! La vignette ? Recalée ! Un accès en alternance comme à Londres ? Vous n’y pensez pas ! Le covoiturage ? Non mais, et puis quoi encore ! Et enfin, l’idée de faire glisser la taxe de circulation vers une taxation au kilomètre a réuni contre elle une pétition de 120.000 signatures en quelques jours ! Donc si je résume la situation : le Belge veut plus de mobilité, mais ne veut rien changer.

Je sais, j’exagère un peu. Le RER n’est toujours pas là et les parkings de dissuasion à l’entrée des villes sont trop rares. C’est vrai. Mais soyons de bon compte : il n’y a pas que ça. Nous sommes très, très accro à notre bagnole, et ne pas entrer en ville au volant de notre sacro-sainte voiture nous fait très, très mal au cœur.

Et c’est là, normalement, que devrait intervenir le courage politique de nos dirigeants : celui qui consiste, parfois, à nous dire ce que nous n’avons pas envie d’entendre.  Comme par exemple : non, les bouchons ce n’est pas que la faute des autres automobilistes ; oui,  il faut changer nos comportements ; et donc oui, il faudra prendre une ou même plusieurs mesures contraignantes, sinon les villes étoufferons définitivement sous la pression automobile.

A propos de courage politique, vous avez remarqué la vitesse avec laquelle tous les partis, lundi, ont subitement rejeté la taxation au kilomètre qu’ils ont eux-mêmes demandé d’étudier ? Un test dont on ne connaît pas les résultats, mais qui est déjà au classement vertical ! 

C’est ça qui est chouette, en période pré-électorale : on ne nous dit plus rien de désagréable. Profitons-en, nous avons encore trois mois de répit. Parce qu’après, je ne sais pas pourquoi, mais je sens ce sera tout de suite moins agréable…

La saturation automobile – La langue bien pendue

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