La langue bien pendue – Elle commence quand la campagne électorale?

Chaque mercredi à 7H20, Vincent Peiffer a la langue bien pendue sur BEL-RTL. Ce matin, notre journaliste s'interroge sur l'absence de réelle campagne électorale et du silence des partis sur les propositions des programmes.

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Quand vous avez un gros travail à faire, est-ce que vous prenez congé ? Non, vous travaillez. Eh bien, ce n’est pas le cas de tout le monde ! Dans 40 jours, le monde politique a un très gros travail à rendre : ça s’appelle les élections. Et pas n’importe lesquelles, puisque ce sont des élections  fédérales, régionales et européennes !  Il n’y en aura plus avant 2019, et ce scrutin 2014 pourrait même décider de l’avenir de la Belgique. Rien de moins. Donc moi, bêtement, je m’attendais à ce que les partis et les candidats bossent comme des fous pour nous expliquer les mesures qu’ils préconisent : ça s’appelle une campagne électorale…

Eh bien non ! Depuis dix jours et certainement jusqu’au lundi de Pâques, tout le monde politique ou presque a l’air d’être en vacances électorales. On s’est disputé il y a quelques semaines sur la réforme fiscale et il y a quelques jours sur le survol de Bruxelles. On a vu Elio Di Rupo dans des émissions de télé en France. Mais à part ça, rien de rien. Qui nous explique les programmes des partis ? Quelles sont leurs propositions pour l’enseignement, la mobilité, l’accès au logement, le coût de l’énergie ou les pensions ? On ne sait pas. Pourtant, ils ont certainement quelque chose de nouveau à proposer. Un truc qui pourrait même nous mobiliser… A 40 jours des élections, ce serait peut-être pas mal de nous l’expliquer.

C’est vrai, j’exagère un peu : nos candidats députés  ne sont pas en vacances. Je sais même où ils sont : ils sont sur les marchés. Ah, les marchés ! C’est là que se joue la démocratie, paraît-il… Je voudrais juste signaler à nos politiques que nous sommes des millions, en Belgique, à ne jamais aller au marché, mais en grandes surfaces. Et puis, sur les marchés, on n’explique rien. On se montre, on serre des mains, on fait la bise à Madame Josette, et c’est tout ! En revanche, si on veut détailler ses propositions, il existe des moyens de communication modernes… A 40 jours des élections, ce serait peut-être bien de commencer à les utiliser.

D’ailleurs, pour expliquer son programme, un candidat les utilise beaucoup ces jours-ci… Lui n’a pas pris deux semaines de vacances électorales. Il est flamand, il s’appelle Bart De Wever, son parti veut la fin de la Belgique et, pour l’instant, il occupe seul le terrain électoral.  

Donc voilà, chers amis des autres partis : si vous voulez que ça se passe bien le 25 mai, ce serait peut-être bien de se mettre vraiment au travail.  Nous, les électeurs, on vous attend…

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