La faute à pas de chance

Personne n’aurait un job pour Didier Donfut? Je ne sais pas, caissière à mon Delhaize ou apprenti chauffagiste, n’importe, mais quelque chose! Parce que ce garçon n’a pas de chance.

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Enfin si, d’abord, il a eu beaucoup de chance. Didier était bourgmestre de Frameries. Et comme justement Frameries est dans le Borinage (donc dans la même fédération PS que Mons), voilà qu’il gagne le gros lot: en 2008, il est désigné ministre wallon par qui vous savez. Rapidement, Didier décroche le Coq d’or du ministre glandu. Et pour cause…

Dans sa province du Hainaut, il est très occupé à pratiquer son socialisme bien à lui: celui du bas de laine. Alors qu’il est (officiellement) ministre, Didier le Rouge est aussi "consultant" de la puissante Intercommunale gazière du Hainaut, l’IGH.

Ceci pour une dringuelle annuelle de 160.000 €, en plus de son salaire de ministre. Pas de chance, ça s’est su. Et donc voilà: scandale, marre des parvenus, nouvelle gouvernance wallonne…

Donfut est démissionné en 2009. Mais comme Didier est un fort gentil garçon, il a tout plein d’amis. Certains sont administrateurs (socialistes) de l’IGH et s’empressent d’abord d’en faire leur président du C.A.

Décidément adulé, Didier sera ensuite nommé directeur-gérant de la société de logements sociaux "Toit et moi", en 2011. Re-pas de chance: lors du concours de recrutement, il avait été classé deuxième par le jury. Oups, c’est con, ses amis administrateurs de "Toit et moi" n’avaient pas vu qu’il y avait un premier, devant lui!

La désignation est donc cassée par la tutelle régionale. Qu’à cela ne tienne… Didier, un garçon volontaire, se lance en 2012 à la conquête de la direction d’une autre société de logements sociaux: "Les Jardins de Wallonie", active sur Seneffe, Les Bons Villers et Pont-à-Celles. Re-re-pas de chance: il termine à nouveau deuxième après les quatre épreuves de sélection.

Mais! Où on voit que les gens sont vraiment très amitieux avec Didier, le jury décide de créer une cinquième épreuve de dernière minute, non prévue dans l’appel à candidatures et qui doit départager les deux derniers candidats en lice: un "exposé stratégique" devant le Conseil d’administration des "Jardins de Wallonie", qui bien sûr comporte quelques chaudes amitiés donfusiennes…

Qui sait? Peut-être la chance de Didier est-elle en train de tourner… Ce serait bien pour ce pauvre homme, qui erre désespérément depuis trois ans en quête d’un poste de direction dans une institution publique. Si, par pur hasard, ce ne devait pas être le cas, je fais un appel solennel au PS: s’il vous plaît, engagez Didier comme hôtesse d’accueil au Boulevard de l’Empereur.

Ainsi, tous les douze mois, vous nous épargnerez "l’affaire Donfut" de l’année. A force, ça lasse. Et si jamais – pas de chance – Didier arrivait deuxième au concours d’hôtesse d’accueil, j’aimerais faire un double petit rappel à l’adresse des administrateurs PS de sociétés publiques où postulera Didier…

Un: celui qui gagne un concours, c’est celui qui arrive le premier, pas le deuxième.

Deux: on décide des épreuves avant, pas après. En gros, si vous voulez, c’est comme en sport. Celui qui fait 2e au 100 mètres nage libre, par exemple, il ne dit pas: "Je veux la médaille d’or parce que je suis plus fort que l’autre au curling". Ou à la pétanque.

vincent.peiffer@moustique.be

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