Julie Delpy: « J’aime bien Born To Be Alive, ça m’éclate »

Histoire d'un week-end, Le Skylab mixe ses souvenirs de famille. Un film dans lequel on peut se voir.

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Êtes-vous en bons termes avec les membres de votre famille? Parce que, quand ils vont voir votre film, qui se déroule en 1979, ils vont se reconnaître et ils vont dire "Mais elle est folle"!
Non… Déjà, c'est très brodé… Mais ça pourrait être un problème, une ou deux personnes pourraient être vexées, oui. Mais ma famille a beaucoup d'humour.

Vous avez eu, comme dans le film, des tontons réacs, anciens de l'Algérie, qui se disputaient à table avec vos parents gauchistes?
Les réacs, c'était plus des voisins avec qui on s'engueulait pour des trucs politiques. En même temps, j'ai une partie de ma famille à droite.

Quand même! Vous m'avez fait peur!
On en a tous… Maintenant, le fait que je parle de l'Algérie, en France, ça va déranger. Comme la France n'a jamais vraiment digéré la question de l'Algérie…

Et vous, vous avez vraiment été élevée comme la petite fille du film, à coup de Anne Sylvestre et de Léo Ferré? Pauvre enfant…
(Rire.) Pauvre enfant! Il ne faut pas exagérer. Mais oui, c'est vrai… Et d'ailleurs, le film est un hommage à ma maman qui est morte il y a deux ans et demi… C'était une époque où, quand on était de gauche, on écoutait Léo Ferré. Les choix culturels étaient aussi des choix politiques, même si mes parents ont toujours aimé Dalida…

Est-ce que votre premier baiser est dans le film?
Non. Mon premier baiser, j'avais 14 ans, j'étais à Londres et c'était un punk, un vrai. Mes parents m'avaient envoyée trois mois à Londres et je sortais toute la nuit dans des clubs punks.

Et il s'appelait comment, ce charmant garçon?
Oh, je ne sais plus.

Vous étiez plus punk que disco…
Beaucoup plus, oui. À l'époque, j'aimais beaucoup les Clash. Je voulais mettre les Clash dans le film, mais c'était trop cher.

Vous vous êtes contentée de Patrick Hernandez…
Qui est assez chouette aussi. J'aime bien Born To Be Alive,ça m'éclate. Pour le punk, on a pris les Dead Kennedys qui sont très marrants aussi.

Dans le film, j'aime beaucoup votre look. Un look à la Véronique Sanson fin années 70. Je ne sais pas si ça vous fait plaisir…
(Rire.) Je ne sais pas, je ne me souviens plus très bien de son look… Mais on s'est beaucoup amusés avec les costumes, parce qu'on a pris des photos de famille et on a essayé de reproduire le style.

Êtes-vous timide?
Je le suis beaucoup moins aujourd'hui, mais ça a pris des années – des années de fêtes, des années à boire, des années pour devenir cool… Maintenant, je suis une fille cool, j'ai moins honte de moi. Avant, je me trouvais nulle, moche, con. Maintenant je me trouve toujours nulle, moche, con, mais je l'assume mieux…

Vous rigolez ou quoi? Quand on fait un super beau film comme Two Days In Paris,on n'est pas nul et con!
Oh, merci… Et d'ailleurs, j'ai fait la suite. C'est tourné déjà, je viens de finir le montage, ça va s'appeler Two Days In New York.

Quel est votre dessin animé de Walt Disney préféré?
Alice au pays des merveilles.

Pour son côté drogué?
(Rire.) Non, pour le côté fantastique et délirant. Moi, je ne prends pas de drogues, je n'en ai jamais pris, je ne peux pas en prendre.

Vous avez des problèmes de santé?
Je suis migraineuse, ça provoquerait immédiatement des migraines et ça n'aurait aucun intérêt. Même les drogues douces, je ne peux pas.

Le Skylab, sortie le 5/10. Voir aussi la critique du film

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