James Deano: « Moi, par exemple, j’adore Lynda Lemay »

Sa dernière chanson fait le buzz sur Internet mais a dégoûté son fan-base rap. Pas cool.

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Votre chanson, Dream Of Love, dans laquelle vous faites la cour à une fille comme dans un magazine féminin, prouve-t-elle que vous êtes un garçon fleur bleue?
James Deano. – J'ai une petite partie de moi qui est fleur bleue. Je ne dis pas que je suis un voyou, mais même les plus grands voyous sont fleur bleue.

Mais tout le monde a cru que c'était une blague, cette chanson, une parodie. Or, c'est une vraie chanson!
Oui, c'est une vraie chanson. Et c'est une chanson qui raconte ma façon de faire pour draguer une fille, c'est ma technique personnelle. Mais après, les gens se sont foutus de ma gueule (rire).

Et cette technique, ça marche?
Elle n'a pas l'air comme ça, mais elle porte ses fruits évidemment. Mais je me demande vraiment ce qui a bien pu choquer avec cette chanson…

Vous sortez avec combien de filles aujourd'hui?
J'essaie de ne pas cumuler parce que c'est quand même beaucoup de complications.

Vous êtes dans la dèche, maintenant? On peut vous envoyer un don? Des tickets restaurant?
J'ai mis sur ma page Facebook que, si on voulait, on pouvait verser un euro sur mon compte Ecureuil pour produire mon prochain single. Je te jure que des gens m'ont envoyé des sous! Mais comme j'ai la chance d'avoir un statut d'artiste, ce qui est déjà énorme et que je fais de la radio sur Vivacité, ça va, je vis comme Monsieur Tout-le-monde.

Parmi vos projets, il y a le freestyle que vous vous proposez d'assurer à partir de thèmes que les gens postent sur votre site. Vous prenez tous les thèmes? Kadhafi, la grippe, la faim dans le monde, Joëlle Milquet?
Bien sûr, je prends tout et après je regarde ce qui m'inspire. C'est pour voir ce que les gens ont dans la tête, ce qui les touche, ce qui les révolte. Le premier freestyle que j'ai fait, c'est un bonhomme qui m'a proposé de faire une rétro de tout ce qui s'est passé depuis le début du siècle. Je suis parti là-dessus: dix ans pile après l'effondrement des tours… On met trois musiques sur la page et puis c'est les gens qui choisissent.

C'est le rap en mode "démocratie participative".
Voilà, c'est ça. Mais c'est vraiment pour mon public qui veut du rap.

Avez-vous un chanteur de la honte?
Je n'ai pas de honte vis-à-vis de la musique. Par exemple, j'adore Lynda Lemay.

Lynda Lemay? Oh, mon Dieu!
Ah ouais, tu écoutes son album à l'Olympia, il y a des gros morceaux.

Je m'attendais à tout sauf à Lynda Lemay. Ça, c'est du coming out!
Visiblement, toi, tu n'aimes pas…

Je ne sais pas si je peux le dire, ces histoires de petites chaussures vertes, c'est… Enfin soit…
Quand vous étiez petit, vous vouliez faire quoi?

C'est une question à laquelle je ne peux pas répondre…

Parce que vous ne vouliez rien faire!
C'est peut-être ça, oui. Je me souviens que je disais à ma mère que plus tard, j'aurais de l'argent. C'était une conviction. Aujourd'hui, je me rends compte que je n'avais aucun don de voyant.

A l'école, vous êtes allé jusqu'où?
Pas très loin, cinquième secondaire. Je suis d'une génération qui a pris du shit, et ça a un peu tué ma génération, notamment sur le plan scolaire. On était tellement fatigués avec ce joint qui nous plombait dès le matin qu'on n'allait plus à l'école parce que la concentration et l'énergie n'y étaient plus.

C'est à cause du shit que vous n'avez pas eu votre diplôme d'humanités…
Non, c'est pas à cause du shit, c'est à cause de moi.

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