Jacques Duvall: C’était une chatte suicidaire

Booké aux Nuits Bota, son album porte un titre à l'image de l'image de sa pochette - "Expert en désespoir".

20011

Booké aux Nuits Bota, son album porte un titre à l’image de l’image de sa pochette – « Expert en désespoir ».

Sur la pochette de votre dernier disque, vous avez une tête de bandit. Je n’oserais pas vous confier mon chat…
Jacques Duvall. – Ah, pourtant, je suis très chat-chat, moins toutou, mais très chat-chat.

Vous en avez un?
J’ai eu un chat qui s’appelait Babelutte, et je pense que les chats sentent quand vous êtes un homme à chats.

Et? Elle s’est enfuie? Elle est morte?
Elle avait l’habitude de sauter par la fenêtre, c’était une chatte suicidaire. En général, on dit que les chats retombent sur leurs pattes. Mais là, du quatrième étage… Le pharmacien a essayé de la relever alors qu’elle avait les pattes brisées et elle en a gardé une espèce de misanthropie qui la poussait à attaquer tout le monde, sauf moi et les membres de ma famille.

Mais non!
Si. Elle sautait au visage de tous les êtres humains qu’elle rencontrait. Elle a été euthanasiée.

Parlons d’autre chose, voulez-vous… Plus jeune, aviez-vous le droit de regarder Angélique marquise des anges à la télé?
Non, on n’avait même pas le droit de passer devant le cinéma Le Woluwe qui jouait Angélique.

Vos parents étaient stricts?
Ma maman m’a quand même emmené voir un James Bond, Goldfinger, où j’ai vu ma première madame toute nue. Même si elle était peinte en doré, ce fut une grande émotion.

Enfant, quel était votre cow-boy favori?
Blueberry. J’amais bien Lucky Luke, mais Blueberry, c’était la première bande dessinée où j’ai vu un mort, le lieutenant Crowe qui était son ami. Ça m’a vraiment traumatisé parce que, dans les bandes dessinées, les bons ne mouraient pas. Et en plus, il a été scalpé. C’est une mort qui n’était pas très…

A quel âge avez-vous eu votre premier Playboy?
A 14 ans. Il y a un brave petit gars qui débarquait du Mexique et qui avait comme contact un des curés du pensionnat où j’étais. Il fallait l’accompagner à Amsterdam. Ce brave curé s’est dit « Voilà un boulot pour Jacques » et ça m’a permis de faire d’une pierre trois coups. J’ai découvert Amsterdam, j’ai acheté mon premier Playboy et j’ai été voir l’Ajax qui jouait ce soir-là. J’ai passé une soirée magnifique.

Mais qu’est-ce que vous faisiez à traîner avec ce curé?
J’étais en pensionnat chez les jésuites à Godinne, entre Namur et Dinant.

Vous, chez les jésuites? Ça a bien marché!
Ah, très belle période de ma vie! Contrairement à mon frère qui en a été traumatisé, moi, ça m’a…

Excité? Excité par tout ce qui était interdit?
Oui, voilà.

Réussir dans une autre vie… Pour vous, ce serait réussir dans quoi?
Franchement, je n’espère pas qu’il y ait une autre vie. Je trouve qu’avec celle-ci, c’est déjà bon.

Dès lors, je ne vous demande pas en quoi vous aimeriez être réincarné…
Non.

Mais vous pouvez être réincarné en bas de soie…
Ah! Ça, ce serait pas mal, en bas de soie.

OK, va pour le bas de soie?
D’accord, je prends.

Allez, on fait comme ça…
C’est caisse.

« Expert en désespoir », Freaksville.

Le 17 mai, Nuits Botanique, Bruxelles.

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