Frais de ménage

32 millions de patates, ça va. C’est ce que nous coûte la famille royale: 32 millions d’euros par an.

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Mais alors tout, tout compris: 14,2 millions pour la liste civile du roi et les dotations des autres, auxquels s’ajoutent 17,8 millions de menues dépenses (sécurité, voyages, visites…) prises en charge par différents ministères (Intérieur, Affaires étrangères, Défense…). Donc 32. Si je compte Albert, Philippe, Astrid, Laurent et Tante Fabi, ça me fait 32 divisé par 5, donc une moyenne de 6,4 millions de Win For Life chacun.

Chaque année. Cool. Et ce qui est vraiment sympa, je trouve, c’est que tout ça se fait à la bonne franquette: ni le gouvernement, ni le Parlement, ni la Cour des comptes ne peuvent vérifier comment les millions de liste civile et de dotations sont dépensés. Est-ce que ça correspond vraiment aux besoins? On sait pas. On fait confiance.

Comme on dit chez moi: donner c’est donner, reprendre c’est voler. Mais Albert et Paola sont des honnêtes gens. Alors le Palais, dans un admirable souci de transparence, précise sur son site la répartition des dépenses de la liste civile du roi (11.272.000 € en 2012). Je vous donne un exemple: 1,6 % est réservé aux "frais de ménage" du couple royal. Ce qui fait 180.352 € par an. Donc 15.029 € par mois.

Et que recouvrent ces "frais de ménage"? Très exactement: la nourriture, les vêtements et les produits d’entretien. C’est tout? Pas le chauffage, l’électricité, l’eau, les assurances, le diesel ou les titres-service? Attendez, je vérifie: ah non, ces frais-là, ça va sur d’autres postes budgétaires. Les réceptions organisées au palais aussi. C’est pas compris dans les "frais de ménage"…

Alors oui, 15.000 patates par mois, ça fait quand même dix fois le salaire d’une institutrice. Tout ça pour casser la graine à deux, se nipper et acheter du Monsieur Propre, disons que ça peut paraître… Comment dire? Je ne trouve pas le mot. Mais n’oublions pas une chose très importante: le roi et la reine ont un rôle d’exemple.

Or qu’a dit Mamour Elio, pour sortir le pays de la crise? Mamour a dit ceci: "Sire, il faut de la rigueur budgétaire, certes, mais il faut aussi de la relance économique!" Alors Albert et Paola font comme Mamour il a dit: ils relancent la consommation. Par exemple, quand Paola va chez Brantano, elle sort avec une vingtaine de paires de bottes et une trentaine de bottillons en nubuck. Le mercredi, Albert achète 150 exemplaires du Moustique chez Walter le Libraire. Qu’est-ce qu’on dit à Majesté? Merci.

Tous les lundis, lorsque le roi organise son apéro singulier avec Mamour, il va chez Barnabé l’Epicier et lui achète 300 paquets de Chipito. Quand Paola doit faire son ménage, elle va chercher 600 flacons d’Ajax W.-C. chez Josette la Supérette! Ça fait vivre le petit commerce. Ça relance. Tenez, pas plus tard qu’hier, Albert avait une folle envie d’un bon steak avec de la sauce samouraï. Eh bien Paola, toujours attentionnée, est allée chez Roger le Boucher chercher 80 beaux morceaux de blanc-bleu belge.

Et ceux qu’ils n’ont pas mangés, ils les ont mis dans des Tupperware pour les chiens de Laurent. Vous saisissez? Le citoyen belge s’occupe de l’austérité, la famille royale assume la relance. Une saine répartition des tâches, en quelque sorte.
vincent.peiffer@moustique.be

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