Eric-Emmanuel Schmitt: " On va finir par commenter l’Eurovision, vous et moi "

Petite conversation relax avec l'un des auteurs les plus lus. Dans le monde.

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Votre nouveau roman – Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus – est construit autour d'un dialogue en Chine entre un homme d'affaires français et une madame pipi chinoise. Quelle idée vous a traversé l'esprit pour placer votre livre dans les toilettes?
(Rire.) Euh… Dame pipi, ça a l'air d'être le dernier rang de la société, mais en fait une dame pipi règne sur son univers…

C'est un livre dans lequel vous vous soulagez. Notamment de la question de la paternité…
J'ai aussi rêvé les enfants que je n'ai pas eus, je me suis projeté dans cette madame Ming qui cultive des enfants imaginaires. Quand on me demande lequel de mes livres je préfère, je dis toujours que je ne préfère aucun de mes enfants à un autre…

Vous êtes comme Amélie Nothomb qui dit qu'elle tombe enceinte de ses livres…
Oui, on a des enfants de mots. L'avantage, c'est que ça salit moins le canapé!

Vous devriez faire un enfant avec Amélie Nothomb et écrire un livre à quatre mains. Pour une fois, vos fans feraient des économies…
(Rire.) Je n'y ai jamais pensé mais c'est une bonne idée.

Ah oui, mais si vous le faites, vous me citez!
Bien sûr, il y aura soit un Sébastien, soit un Ministru qui se baladera quelque part…

Vos ouvrages sont-ils traduits en chinois ou est-ce une opportunité pour pénétrer le marché?
Non, quasiment tous mes livres sont traduits en chinois et on commence à me jouer aussi, même si les Chinois ne font pas beaucoup de théâtre…

Comment vous prémunissez-vous des mauvaises nouvelles à la radio le matin?
Euh… Il n'y a pas de protection contre les mauvaises nouvelles. Ma journée va devoir incorporer… (Il s'interrompt.) Mais pour vous dire la vérité, je suis en train de mentir parce que je prends des nouvelles du monde le soir. Le matin, ça m'appartient…

Votre argent fait-il le bonheur des autres?
(Rire.) Oui, je pense… Mais c'est… C'est très intime ce que vous me demandez là… (Silence.) Très sincèrement, pour moi, le but de l'argent, c'est de rendre plus belle la vie de ceux qui m'entourent…

Avez-vous déjà imaginé écrire un livre sous un autre nom?
Je l'ai imaginé, mais je ne l'ai jamais fait. Je me dit que c'est quand même trop con d'avoir un nom qui existe, qui attire les gens et d'en prendre un autre.

Et puis, votre éditeur – qui est le même que celui d'Amélie Nothomb – ne serait pas content!
Il ne serait pas du tout d'accord.

Dernière question, la plus importante: avez-vous regardé The Voice?
Eh bien, oui. (Rire.) Je me suis fait avoir par cette émission et je me suis étonné de l'apprécier. Il y avait des talents. C'est toujours violent l'irruption d'un talent, mais moi, ça me ravit…

Qui était votre favori?
Lubiana.

Comme moi! Les grands esprits se rencontrent…
On va finir par commenter l'Eurovision, vous et moi, ça sent le poulailler…

Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eues, Albin Michel, 115 p.

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