David Jeanmotte: « Aller à Cannes mais aussi au minifoot et à la buvette »

Relookeur dans Sans chichis, il est souriant, bienveillant et touchant.

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Avez-vous conscience d'être un personnage attachant?
On me l'a dit. On m'a dit que je crée de l'empathie. Le personnage télé est spontané et naturel, mais c'est ce que je suis aussi dans la vie, donc…

Vous avez commencé le relooking petit… Sur vos poupées? Sur votre maman?
À l'école primaire, juste en face, il y avait la grande école où les filles faisaient de la couture…

Ce qui vous plaisait beaucoup…
Et comme cette école était attachée à la petite école, j'ai très vite été dans les patrons et les machines à coudre. Mais j'ai toujours été avec les filles, j'ai été élevé dans une famille algérienne où les trois filles faisaient de la couture…

Vous êtes Algérien?
Non, je ne suis pas Algérien, mais j'étais toujours fourré chez mes voisins qui étaient Algériens. Ils étaient neuf enfants, et j'aimais bien ce côté "on se débrouille avec peu".

Et dans votre famille, votre vraie famille, est-ce que les gens viennent tout le temps vous demander des conseils de look?
En fait, depuis tout le temps, on m'a toujours demandé mon avis. J'avais une grand-mère hyper méga-coquette, et je crois que j'ai pris d'elle, et une autre grand-mère qui était super-pauvre. Ces deux femmes m'ont toujours demandé des conseils pour leur maquillage, leur coiffure – même pour aller à la messe, elles me demandaient quelle robe en diolène elles devaient mettre. Les gens m'ont toujours demandé mon avis sur leurs vêtements, leur décoration d'intérieur ou leur coupe de cheveux. Et comme je suis quelqu'un d'assez grand public – je ne suis pas du tout académique -, à partir du moment où la personne se sent bien, je me permets de dire des choses, mais toujours sans la blesser…

Vous êtes bavard!
Mais non, j't'explique!

Oui, c'est vrai. Je vous pose des questions, vous répondez, c'est normal… Quand on regarde les séquences de relooking dans Sans chichis, parfois ça vire à la séance chez le psy…
C'est 90 % du travail. Les 10 % qui restent, c'est du kit voiture. On a encore fait une dame hier, on avait l'impression qu'elle avait une attelle… Après, elle s'est lâchée, on riait, on dansait et elle était prête à quitter son mari…

Vous poussez les femmes à quitter leur mari!
Non! Mais quand les femmes ont été esclaves et qu'elles se rendent compte, à 50 ans, que ça n'a abouti à rien, je peux te dire que l'épée de Damoclès est au-dessus d'elles et qu'elles se demandent "Qu'est-ce que je fais? Je continue ma vie pourrie ou je prends les bonnes décisions?". Je ne suis pas psychologue, ni neurologue, mais j'ai une expérience humaine tellement riche, dans le milieu associatif, avec les handicapés, que je fais un travail de fond…

Qu'est-ce que vous faites avec les handicapés?
Avec Franco Seminara (député PS en chaise roulante – NDLR), j'ai fait le Handicap Festival, mais je m'occupe aussi des enfants du juge… J'y tiens beaucoup… Au-delà du strass et des paillettes, j'ai toujours bien aimé être ancré dans la réalité, aller à Cannes mais aussi au minifoot et à la buvette…

Vous êtes un peu comme Michou qui s'occupe de ses vieux.
Peut-être… Enfin, pas vraiment Michou parce que je n'ai pas de cabaret…

Oui, mais, toujours la main tendue vers les autres…
Ah oui, toujours, toujours, toujours. Je ne pourrais pas autrement…

SANS CHICHIS
Du lundi au vendredi La Deux 17h20

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