Cas Binet et laboratoire politique

Désolé: j'avais oublié de vous en parler. Donc je me rattrape: non, le concours Miss Belgique n'est plus un marché aux bestiaux d'un autre âge ou une compétition de pétasses diplômées! Au contraire!

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Désolé: j’avais oublié de vous en parler. Donc je me rattrape: non, le concours Miss Belgique n’est plus un marché aux bestiaux d’un autre âge ou une compétition de pétasses diplômées! Au contraire!

C’est une pépinière de jeunes talents précurseurs. Par exemple, lors de l’épreuve « parlée », Miss Liège n’a pas hésité à réinventer la page 20 du Bescherelle. Dans une conjugaison subtilement novatrice du passé simple des verbes du 2e groupe en -ir, la blonde Lara Binet nous expliqua (ou nous expliquit?) son admiration pour la princesse Grace de Monaco qui, malheureusement, « finissa dans un ravin ». Outre ce cas Binet, on constate également que Miss Belgique est devenue un véritable laboratoire d’anticipation politique.

Souvenez-vous: il y a un an, Miss 2010, la Brugeoise Cilou Annys, posa (ou posit?) avec Bart De Wever à la une d’un magazine flamand en piétinant le drapeau belge. Quel flair politique! Mieux encore: cette année, la soirée des Miss 2011 se transforma (ou se transformut?) en une première mutinerie francophone face à l’hégémonie nordiste. Les candidates sudistes dézinguèrent (ou dézinguirent?) la cheftaine des Miss, Darline Devos, qui est qu’une grosse tricheuse de Flamoutche. En gros, si vous voulez, la Wallonne Chloé Saive était de loin la plus mieux des turbo-biches. Mais la méchante Darline truqua (ou truquit?) le concours pour faire gagner une moche Flamande. Et quatre candidates francophones boycottèrent (ou boycottirent?) le podium final!

Une fois de plus, les Miss anticipèrent (ou anticipirent?) la Belgique de demain: celle d’un schisme inéluctable. A moins, évidemment, qu’Elio Di Rupo ne propose un Miss Belgique 2012 d’union nationale, sans les Miss N-VA mais avec les Miss VLD et les Miss MR-FDF. Le tout étant de savoir si les Miss CD&V se déscotcheront des Miss N-VA…

 A ce propos, j’aimerais que quelqu’un aide le CD&V à s’y retrouver. Depuis quelques mois, l’ex-CVP fait tout bien comme la N-VA. Sauf pour un truc: au CD&V, pour encore un peu exister, on dit qu’on n’est pas séparatiste. Problème: ce week-end, dans une interview à La Libre, Bart De Wever a dit que la N-VA n’était plus séparatiste non plus, tout à coup.

Que Flamands et francophones sont « frères siamois« et quecouper le pays serait « dangereux ».Du coup, au CD&V, on est mal: zut-crotte, c’est nous qu’on avait dit qu’on n’était pas séparatistes! Et donc, à Mise au point, Stefaan De Clerck insistait: si si, la N-VA est séparatiste et pas nous! Pour tenter de clarifier le bazar, Laurette Onkelinx lui pose deux questions assez essentielles, question séparatisme ou pas.

1. Le CD&V, oui ou non, veut-il conserver une Sécurité sociale commune?

2. Est-ce que, oui ou merde, le CD&V veut faire de Bruxelles une région à part entière? Déjà multititré olympique de langue de bois, Stefaan a décroché sans difficulté le titre champion intergalactique de la michepapoute que je t’embrouille.

Je vous fais grosso modo sa réponse: « Broubel scrutel@-</brache***kreut. Kjh?!µmoiht rvpijqmw. C<jmjkf$pajhv mlklkdqg. D’ailleurs, rjbgjbùqoa$lk %qoinbpnù… C’est clair! » Pour la version intégrale, vous allez sur www.rtbf.be slache Mise au point. Parce que je lance un grand concours: celui qui réussit à me traduire la réponse de Stefaan avec des phrases en sujet-verbe-complément, je lui offre un Win For Life d’Orval tous les jours à l’apéro.
v.peiffer@telemoustique.be

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