Bernard Pivot: « Ça, ça ne vous regarde pas »

Il fait paraître un livre que l’on croit être un mix entre fiction et autobiographie.

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Dans votre livre Oui, mais quelle est la question?, vous racontez l’histoire d’un homme qui ne peut s’empêcher de poser des questions. Et notamment aux femmes… On voit comment il les séduit… Et moi, en lisant, je voyais Monsieur Pivot au lit avec des femmes…
Oui, et alors? Ça vous paraît impossible.

Mais pour des gens de ma génération, vous êtes un père! Et on n’imagine pas son père au lit avec des femmes!
Mais ce n’est pas moi. Le personnage du livre s’appelle Adam Hitch. Ce n’est pas moi qui suis au lit avec des femmes.

Mais c’est vous qu’on voit!
Ça, c’est de votre faute. Je n’y peux rien si vous faites un transfert.

Pour moi, Bernard Pivot est asexué.
Vous vous trompez. Excusez-moi de vous le dire, mais c’est une grave erreur. (Rire.)

La célébrité a-t-elle rapproché de vous les femmes? A-t-elle augmenté votre pouvoir de séduction?
Ecoutez, ça, franchement… Je n’ai jamais utilisé ma notoriété comme moyen de séduction. Dans la vie, les rencontres – avec des femmes ou avec des hommes – proviennent souvent d’opportunités presque parfois miraculeuses.

On dit que certaines femmes sont attirées par la célébrité.
Tout le monde le sait, et en particulier les politiques…

Des femmes vous ont-elles tourné autour?
Oui, bien sûr. C’est classique. Tous ceux qui font de la télévision voient des gens qui viennent spontanément vers eux.

Et vous avez résisté?
Ça, ça ne vous regarde pas.

Quand vous donnez une interview, jugez-vous le journaliste qui est en train de vous interviewer?
(Silence.) Oui, très souvent. Comme je suis un professionnel de l’interview, il m’arrive souvent de me dire "Tiens, il a posé cette question qui est habile" ou "Tiens, il n’a pas bien lu mon livre sinon il ne m’aurait pas posé cette question". Il m’est déjà arrivé de leur dire d’ailleurs: "Si vous me posez cette question, c’est que vous n’avez pas lu le livre"… 

Houlà!
Un intervieweur comme moi voit tout de suite le journaliste qui a lu ou pas mon livre. Qui pose la question idiote ou, au contraire, pertinente. L’autre fois, une journaliste me l’a avoué… Elle n’avait pas lu mon livre, elle n’avait pas eu le temps. Je lui ai dit de faire attention…

Vous voyez que vous êtes un père! Préférez-vous être interviewé par un homme ou par une femme?
Ça m’est égal. Il y a des bons et des mauvais professionnels dans les deux sexes.

Comme vous êtes une école de journalisme ambulante, j’attends le verdict… Mon interview était-elle plus ou moins correcte? De toute façon, on est obligé d’y d’aller car si on craint votre jugement, on ne pose aucune question…
Non, mais votre interview était faite de questions très personnelles et osées. Ça me change un peu du ronron habituel.

Je le prends comme un compliment.
Voilà.

Oui, mais quelle est la question?, Nil Editions, 268 p.

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