Pourquoi les séismes en Turquie et en Syrie ont-ils été si dévastateurs?

Le bilan conjoint est passé à plus de 2.600 morts dans les plus violents séismes qui ont frappé lundi la Turquie et la Syrie depuis près d'un siècle.

tremblements de terre Syrie et Turquie
Ruines dans la ville syrienne de Jandaris © Belga Image

Selon le ministre turc de la Santé Fahrettin Koca, les séismes ont fait 1.651 morts en Turquie et au moins 11.159 blessés. 3.471 immeubles se sont effondrés, ce qui laisse redouter des bilans encore plus lourds qui s'ajoutent aux centaines de morts en Syrie voisine.

Les deux séismes étaient de magnitudes 7,8 et 7,5, faisant de ce tremblement de terre le plus violent depuis celui d’Izmit, en août 1999.

Pourquoi le bilan, qui s’alourdit d’heure en heure, est-il si lourd ? La première explication repose sur le fait que le premier séisme s’est déclenché pendant la nuit, à 4h17 : « Ce n’est pas en pleine nuit qu’on a les meilleures réactions devant une catastrophe », souligne Jean Virieux, sismologue, au Parisien.

La deuxième raison s’explique par la situation géographique de Gaziantep, frappée par le premier séisme. La ville de deux millions d’habitants a connu un développement démographique et économique important ces dernières décennies. Les nombreux immeubles et bâtiments se sont écroulés, piégeant les habitants.

 

Ensuite, les règles de construction parasismiques n’ont pas été respectées en Turquie. Pourtant, ces règles, qui permettent de limiter les risques d’effondrement, existent bel et bien dans le pays : « Les ingénieurs turcs sont très compétents, du fait notamment de la fréquence des séismes dans le pays. Mais l’application de ces règles n’est pas contrôlée », explique le sismologue, qui affirme que l’impact aurait été réduit si ces règles avaient été respectées.

Enfin, la nature du tremblement de terre, qui était proche de la surface, explique l’ampleur des dégâts. Il s’agit d’un décrochement, une faille le long de laquelle deux blocs coulissent horizontalement l’un par rapport à l’autre : « Les bâtiments sont très sensibles à ces vibrations horizontales », ajoute le spécialiste interrogé par le Parisien.

Damas demande l’aide de la communauté internationale

Le gouvernement syrien a pressé la communauté internationale de lui venir en aide après le séisme qui a fait plus de 800 morts à travers la Syrie, selon un bilan provisoire.

Des centaines de familles sont toujours sous les décombres dans plusieurs provinces. L'aide est ralentie par le large périmètre des zones sinistrées et des conditions climatiques difficiles.

Plus de 11 ans de guerre ont épuisé les capacités du pays à faire face à des catastrophes similaires, les combats ayant aussi limité la capacité des secours à opérer dans plusieurs régions du pays.

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