La Turquie menace de bloquer l'adhésion suédoise à l'OTAN: Stoltenberg condamne la position d'Ankara

Le patron de l'OTAN s'inquiète de la crispation de la Turquie après qu'un Coran ait été brûlé à Stockholm.

Erdoğan à un sommet de l'OTAN
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan lors d’un sommet de l’OTAN à Varsovie le 08 juillet 2016 ©BelgaImage

Le secrétaire général de l'Otan a fustigé lundi l'attitude du président turc, qui menace de bloquer l'adhésion à l'Otan de la Suède après qu'un extrémiste a brûlé un exemplaire du Coran samedi à Stockholm.

L'OTAN tente d'éviter l'enlisement

Dans un entretien à la télévision allemande Die Welt, retranscrit dans un communiqué en allemand par la chaîne, le Norvégien Jens Stoltenberg a condamné la position de Recep Tayyip Erdogan à propos de la Suède. «La liberté d'expression, la liberté d'opinion est un bien précieux, en Suède et dans tous les autres pays de l'OTAN. Et c'est pourquoi ces actes inappropriés ne sont pas automatiquement illégaux», a-t-il déclaré.

Samedi après-midi, dans le cadre d'une manifestation autorisée par la police suédoise à proximité de l'ambassade de Turquie, l'extrémiste de droite suédo-danois Rasmus Paludan avait brûlé un exemplaire du Coran, un acte visant à dénoncer les négociations suédoises avec Ankara sur l'Otan. «Le gouvernement suédois a condamné (cette manifestation) en des termes très clairs», a rappelé M. Stoltenberg dans son entretien à die Welt. Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement réagi, déclarant que la Suède, candidate à l'adhésion à l'Otan, ne pouvait plus compter sur le «soutien» d'Ankara après cet autodafé. M. Stoltenberg a affirmé être «absolument contre ce genre d'insultes envers d'autres personnes», et «être absolument contre ce comportement que nous avons vu dans les rues de Stockholm».

La Turquie bloque depuis mai l'entrée de la Suède - et celle de la Finlande - dans l'Otan en leur reprochant d'héberger des militants et sympathisants kurdes qu'elle traite de «terroristes», notamment ceux du PKK et ses alliés dans le nord de la Syrie et en Irak. Pour Ankara, tout progrès éventuel dépend des initiatives suédoises pour extrader des personnes accusées de terrorisme par la Turquie ou d'avoir pris part à la tentative de coup d'État de 2016 contre M. Erdogan.

M. Stoltenberg a malgré ce contexte estimé que la Turquie s'était jusqu'à présent montrée assez coopérative dans le débat sur l'adhésion à l'OTAN. La ratification des protocoles d'adhésion ne doit maintenant pas échouer dans les derniers mètres. «Je suis en contact étroit avec la Finlande et la Suède, et bien sûr aussi avec notre allié, la Turquie», a-t-il ajouté. Selon lui, 28 des 30 pays de l'OTAN ont déjà donné leur accord dans leurs parlements nationaux. «Et je demande bien sûr aussi aux alliés restants - la Hongrie et la Turquie - d'accélérer ces procédures dans leurs parlements», a-t-il conclu.

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