Boris Johnson a-t-il soutenu le patron de la BBC en échange d'un gros prêt? Tollé au Royaume-Uni

Le président de la BBC est soupçonné d'avoir obtenu son poste après avoir fait en sorte que Boris Johnson obtienne un prêt. Une enquête est ouverte.

Sharp et Johnson
Montage des portraits de Richard Sharp (à gauche) et de Boris Johnson (à droite) ©BelgaImage

Bad timing pour Boris Johnson. Alors qu'il multiplie les apparitions publiques et que la presse parle d'un retour de l'ancien Premier ministre dans l'arène politique, voilà qu'une enquête vient d'être ouverte le concernant. Le trublion de droite est soupçonné d'avoir obtenu un prêt de 800.000 livres (soit 911.000 euros) de la part de Richard Sharp. Un geste qui aurait été crucial dans la désignation de ce dernier au poste de président de la BBC. La question est donc de savoir s'il y a eu corruption dans cette affaire, et les indices allant dans ce sens se multiplient ces jours-ci.

Du copinage entre Johnson et Sharp?

C'est notamment le Sunday Times qui a mis le feu aux poudres. Dans une enquête du journal britannique, il s'avère que Richard Sharp, un ancien banquier, était impliqué dans l'obtention du fameux prêt destiné à Boris Johnson. On est alors fin 2020 et ce dernier est au pouvoir depuis plus d'un an. Quelques mois plus tard, en février 2021, Richard Sharp devient président de la BBC. Or justement, si la désignation de ce poste se fait sur base d'une proposition du ministre de la Culture, c'est le Premier ministre qui a le dernier mot. Il pourrait donc s'avérer probablement que Boris Johnson ait poussé pour que Sharp obtienne le job tant convoité.

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Depuis, la polémique ne cesse de croître. Le leader de l'opposition travailliste, Keir Starmer, a notamment estimé que ces «questions clairement sérieuses doivent trouver une réponse». Face à ces constatations, le patron de la BBC a lui-même demandé l'ouverture d'une enquête interne sur sa proposition nomination, afin de savoir si celle-ci était liée à un conflit d'intérêt et à une affaire de copinage ou pas. Il s'est également défendu dans une lettre à destination de ses employés, assurant qu'il avait simplement fait rencontrer le secrétaire de cabinet de Boris Johnson et Sam Blyth, un multimillionnaire canadien, «car Sam voulait soutenir Boris Johnson». «Je n’ai pas participé à l’octroi d’un prêt ou à la mise en place d’une garantie, et je n’ai organisé aucun financement», conclut-il.

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