La fin du monde se rapproche… l’horloge de l’apocalypse mise à jour

L'ONG américaine Bulletin of the Atomic Scientists a encore fait avancer les aiguilles de sa «Doomsday Clock», qui mesure symboliquement le risque d’autodestruction auquel s’expose l’humanité.

À 90 secondes de la fin du monde… L’horloge de l’apocalypse mise à jour
© Bulletin of the Atomic Scientists

Dix secondes qui nous rapprochent encore un peu plus dangereusement de la fin du monde. Depuis ce 24 janvier, les aiguilles de l’horloge de l’apocalypse pointent sur minuit moins 90 secondes, un record. Depuis 1947, les membres de l'ONG Bulletin of the Atomic Scientists, un groupe de scientifiques américains, publient un décompte prenant en considération les menaces nucléaires, technologiques et climatiques qui pèsent sur la planète.

Minuit représente tout simplement l'apocalypse ; plus l'heure affichée sur l'horloge s'en rapproche, plus la fin du monde est censée être proche. Réinitialisée 24 fois depuis ses débuts, la «Doomsday Clock» était réglée depuis 2020 sur minuit moins 100 secondes. Ces 10 secondes de moins depuis ce mardi montrent qu’un cataclysme planétaire est un peu moins improbable qu'auparavant.

A l'origine, après la Seconde Guerre mondiale, l'horloge indiquait minuit moins 7 minutes. En 1991, à la fin de la Guerre froide, elle avait reculé jusqu'à 17 minutes avant minuit. En 1953, ainsi qu'en 2018 et 2019, elle affichait minuit moins 2 minutes.

Bien sûr, l'heure affichée est symbolique. «C'est une métaphore, un rappel des périls auxquels nous devons faire face si nous voulons survivre sur la planète», expliquaient les membres de l'ONG en 2020. Le raisonnement derrière l’image de l’horloge se base toutefois sur l’analyse de données bien réelles, entre expansion des armes atomiques dans le monde, conflits internationaux et multiplication des catastrophes climatiques.

Et 2022 a été, sur ces questions, particulièrement servie. «Le Conseil des sciences et de la sécurité du Bulletin of the Atomic Scientists fait avancer les aiguilles de l'horloge de la fin du monde, en grande partie (mais pas exclusivement) à cause des dangers croissants de la guerre en Ukraine», peut-on ainsi lire sur le site de l’association.

Tout faire pour «remonter le temps»

«Nous vivons à une époque de danger sans précédent, et l'heure de l'horloge de la fin du monde reflète cette réalité, a déclaré Rachel Bronson, présidente de Bulletin of the Atomic Scientists. 90 secondes avant minuit est le plus proche que l'horloge ait jamais été réglée sur minuit, et c'est une décision que nos experts ne prennent pas à la légère. Le gouvernement américain, ses alliés de l'OTAN et l'Ukraine disposent d'une multitude de canaux de dialogue ; nous exhortons les dirigeants à les explorer tous au maximum de leur capacité à remonter le temps».

À lire aussi : Guerre en Ukraine : " Personne ne serait dupe " en cas de " bombe sale " en Ukraine

À lire aussi : À quoi joue Dmitri Medvedev, qui prévoit un 4e Reich et une guerre civile en Occident en 2023?

Mary Robinson, présidente de  l’ONG The Elders et ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, a ajouté : «L'horloge de la fin du monde sonne l'alarme pour l'ensemble de l'humanité. Nous sommes au bord d'un précipice. Mais nos dirigeants n'agissent pas à une vitesse ou à une échelle suffisante pour garantir une planète pacifique et vivable. Qu'il s'agisse de réduire les émissions de carbone, de renforcer les traités de contrôle des armements ou d'investir dans la préparation aux pandémies, nous savons ce qu'il faut faire. La science est claire, mais la volonté politique fait défaut. Cela doit changer en 2023 si nous voulons éviter la catastrophe».

Entre la fonte des glaciers, les canicules à répétition ou des incendies dévastateurs, l'année 2022 a une nouvelle fois mis en lumière l'urgence climatique. Plus globalement, les années 2015 à 2022 ont été les huit plus chaudes jamais enregistrées dans le monde, selon le programme européen sur le changement climatique Copernicus.

Sur le même sujet
Plus d'actualité