«Des pratiques de torture inacceptables en Europe»: les avocats d’Eva Kaili dénoncent ses conditions de détention

La chambre du conseil de Bruxelles a décidé du maintien en détention de l’ex vice-présidente du Parlement européen jeudi. Ses avocats réclament sa liberté et dénoncent des conditions de détention indignes.

Eva Kaili
Eva Kaili @BELGAIMAGE

La chambre du conseil de Bruxelles a confirmé jeudi la détention d’Eva Kaili. L’ancienne vice-présidente du Parlement européen, visée dans l’enquête pour corruption au Parlement européen, est en détention depuis le 9 décembre à la prison de Haren. C’est la deuxième fois que ses avocats demandaient sa libération sous conditions ou au moins qu’elle puisse bénéficier de la détention sous le régime du bracelet électronique.

Durant cette audition, les avocats d’Eva Kaili, Maîtres André Risopoulos et Michalis Dimitrakopoulos, ont dénoncé les conditions de détention indignes de leur cliente.

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«Mme Kaili maintient qu’elle est innocente», ont déclaré les deux avocats. «Elle n’a jamais coopéré avec M. Panzeri. Nous avons des éléments dans le dossier qui nous permettent de le corroborer. Mais pour l’instant, elle semble payer le plus lourd tribut dans ce dossier, et cela nous semble anormal.» Eva Kaili a été arrêtée en même temps que l’ancien député européen italien Pier Antonio Panzeri, son compagnon et bras droit de Panzeri, Francesco Giorgi, le lobbyiste Nicolo Figa-Talamanca, et le syndicaliste Luca Visentini. Pourtant, les deux derniers ont été libérés après leur interrogatoire.

16 heures dans une cellule de police

La défense avance que l’ancienne vice-présidente du parlement européen n’a été autorisée à voir son enfant, âgée de presque deux ans, que deux fois depuis son arrestation, il y a plus de six semaines. Elle aurait également été placée à l’isolement, du 11 au 13 janvier.

«Pendant cette période, elle a également dû passer 16 heures dans une cellule de la police judiciaire fédérale, et non en prison», a indiqué Maître Dimitrakopoulos, à la sortie de l’audience au palais de justice de Bruxelles. «Bien qu’il fasse froid là-bas, et qu’elle ait dû se débarrasser de son manteau, on ne lui a pas donné une deuxième couverture. Bien qu’elle ait ses règles, elle n’avait pas le droit de se laver, et la lumière restait allumée en permanence, ce qui l’empêchait de dormir. Ce sont des pratiques de torture qui ne sont inacceptables en Europe», a-t-il appuyé.

«C’est de la torture. Eva Kaili a été inculpée, mais la présomption d’innocence prévaut. Nous sommes en Europe, ces actes vont à l’encontre de la Convention européenne des droits de l’homme. C’est le Moyen-Âge», a-t-il martelé.

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