Qatargate : cet ancien député assure avoir versé plus de 120.000 euros en cash à Marc Tarabella

Nouveau rebondissement dans le scandale de corruption au Parlement européen : Pier Antonio Panzeri aurait avoué avoir versé plus de 120.000 euros en cash à Marc Tarabella. L’ancien eurodéputé S&D italien a par ailleurs signé un accord de repenti.

L'eurodéputé belge Marc Tarabella quitte le siège du Parti socialiste à Bruxelles, le 13 décembre 2022
L’eurodéputé belge Marc Tarabella quitte le siège du Parti socialiste à Bruxelles, le 13 décembre 2022 @BELGAIMAGE

Selon une source proche du Parlement européen, et confirmée par l’Echo auprès d’une source proche de l'enquête, Pier Antonio Panzeri, ancien eurodéputé inculpé et écroué dans le cadre de l'enquête sur la corruption au Parlement européen, a avoué, sur procès-verbal, avoir remis de l'argent à l'eurodéputé belge Marc Tarabella (PS). Alors qu’une procédure de levée de l'immunité parlementaire de Marc Tarabella est en cours, l’Italien a expliqué aux enquêteurs avoir remis plus de 120.000 euros en liquide à l'eurodéputé socialiste, en plusieurs fois, pour son aide dans les dossiers liés au Qatar.

L'ex-eurodéputé a en outre signé, avec le procureur fédéral, un mémorandum en vertu de la loi sur les repentis. Il s'engage ainsi à faire «des déclarations substantielles, révélatrices, sincères et complètes» dans le cadre de l'enquête pour corruption au Parlement européen, indique le parquet fédéral mardi après-midi.

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«En vertu du mémorandum signé ce jour, la peine encourue par Pier Panzeri sera effective mais limitée», a précisé le parquet fédéral. «Elle comprendra de la prison ferme, une amende et la confiscation de tous les avantages patrimoniaux acquis, évalués pour l'instant à un million d'euros».

Pier Antonio Panzeri est sous mandat d'arrêt depuis son arrestation, le 9 décembre. Il est inculpé de faits de participation à une organisation criminelle en qualité de dirigeant, de blanchiment d'argent et de corruption publique active et passive. Selon l'enquête dirigée par le parquet fédéral, le Qatar et le Maroc auraient tenté d'influencer les décisions et les résolutions du Parlement européen par l'intermédiaire de l'ancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri et de son association à but non lucratif Fight Impunity.

Plusieurs autres personnes sont aussi soupçonnées dans cette enquête: Francesco Giorgi, collaborateur de Panzeri, Eva Kaili, désormais ex-vice présidente du Parlement européen et compagne de Giorgi, Nicolo Figa-Talamanca, un lobbyiste bruxellois, mais aussi le père d'Eva Kaili et le syndicaliste Luca Visentini. Ces deux derniers ont cependant été libérés tandis que les autres sont toujours sous mandat d'arrêt.

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