La zone euro peut-elle encore échapper à une récession économique profonde?

Pour la Commission européenne, la zone euro peut encore échapper à une profonde récession économique.

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Malgré les contrecoups de l'année écoulée, la zone euro peut encore échapper à une profonde récession économique, a affirmé lundi la Commission européenne, avant une réunion des ministres des Finances des vingt pays qui partagent désormais la monnaie unique, maintenant que la Croatie est entrée dans ce club.

"Nous sommes parvenus à réduire notre dépendance énergétique, les prix de l'énergie ont considérablement baissé et l'inflation en Europe a dépassé son pic à la fin de l'année dernière. Il y a donc une chance que nous puissions éviter une récession profonde et entrer dans une période de contraction plus limitée", a déclaré le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni.

Son collègue en charge du Commerce, Valdis Dombrovskis, entrevoit à nouveau "des signes positifs" pour l'économie européenne, grâce notamment à un marché du travail qui reste solide. Mais le Letton souligne dans le même temps que la situation économique reste très incertaine. "Nous devons rester vigilants. Nous naviguons toujours au milieu d'une période particulièrement difficile".

Cette année, les grands argentiers auront la tâche complexe de dessiner les nouvelles règles qui permettent de contrôler les dépenses publiques. Mais ils sont aussi confrontés à la nécessité de protéger la compétitivité de l'Europe, concurrencée par les aides d'État massives que la Chine fournit depuis des années à ses entreprises, mais aussi à celles des États-Unis: la récente loi américaine sur la réduction de l'inflation (Inflation Reduction Act) prévoit des subventions et des crédits d'impôt pour soutenir la transition verte, d'un montant de près de 370 milliards de dollars, pour des technologies dans lesquelles investit également l'Union européenne.

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Si le Premier ministre belge Alexander De Croo a déjà dénoncé le démarchage agressif d'industriels européens par des Américains, "personne ne trouvera à y gagner dans une guerre commerciale", a prévenu lundi le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem, à son arrivée à la réunion de l'Eurogroupe.

À ses yeux, "il faut déterminer quels secteurs et technologies stratégiques essentiels nous voulons garder ici, comment stimuler les investissements et quels secteurs subsidier". L'Europe ne peut, quoi qu'il en soit, perdre sa technologie avancée dans des secteurs comme la sidérurgie, les batteries et les puces, a-t-il plaidé.

Pour doper la compétitivité européenne, la Commission européenne élabore entre autres une proposition d'assouplissement temporaire des règles sur les aides d'État. Pour la Belgique, la coordination entre États membres est primordiale à cet égard, car "nous devons à tout prix éviter une course débridée au sein de l'Union européenne", a averti Vincent Van Peteghem, craignant que de grands États comme l'Allemagne et la France ne profitent de leur puissance pour écraser la concurrence de plus petits États.

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Le président du Conseil européen, Charles Michel, n'a pas dit autre chose, lors d'une visite à Stockholm à l'occasion de la présidence suédoise du Conseil de l'UE. "Tous les États membres n'ont pas les mêmes moyens budgétaires. Donc si l'on change quelque chose, cela doit se faire en totale solidarité". L'une des pistes est celle d'un fonds de souveraineté de l'UE, qui stimulerait l'investissement privé dans les domaines de l'énergie verte, de la technologie numérique et de la défense. Mais l'ex-Premier ministre belge voit cette piste comme une solution à moyen terme. "Ce n'est pas une question que nous pourrons résoudre en quelques jours ou quelques semaines".

Charles Michel plaide aussi en faveur d'une plus grande flexibilité pour débloquer les importants moyens financiers du budget de l'UE et du fonds de relance post-covid, Next Generation EU. "La grande majorité de ces fonds restent encore disponibles, non pas parce qu'ils ne sont pas sollicités, mais parce que les procédures sont souvent trop lourdes."

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