Prince Harry: que cache le silence de William et Charles III?

La famille royale britannique restée terrée dans le mutisme après les révélations du prince Harry, mais elle n'en penserait pas moins selon les tabloïds.

William et Charles III à Windsor
Le prince William et Charles III (alors lui aussi prince), le 13 juin 2022 à Windsor ©BelgaImage

Le roi Charles III et son héritier William sont restés imperturbables jeudi lors de leurs premières apparitions publiques depuis la sortie des mémoires d'Harry, grand déballage cruel pour la monarchie britannique qui connaît un départ fulgurant en librairie.

La monarchie britannique imperturbable

«Comptez-vous commenter un jour le livre d'Harry?» a interpellé un journaliste à l'adresse de William à son arrivée à une visite d'un hôpital de Liverpool, dans le nord-ouest de l'Angleterre.
Le prince de Galles n'a pas réagi, saluant le public présent en souriant avec son épouse Kate. Tout aussi fidèle à la célèbre devise britannique de la Seconde guerre mondiale «Keep calm and carry on» («On garde son calme et on continue»), Charles III a ignoré le scandale lorsqu'il est allé à la rencontre du public en kilt près de Balmoral. C'est dans ce château écossais que s'est éteinte Elizabeth II en septembre et où en 1997 il avait informé ses enfants William et Harry de la mort de leur mère Diana à Paris, scène racontée avec pléthore de détails sans concession dans «Spare" («Le Suppléant").

Dans ces mémoires, le prince Harry, exilé depuis 2020 en Californie, n'épargne personne, bien qu'il affirme ne vouloir blesser personne et souhaiter une réconciliation: ni lui-même, à l'adolescence marquée par les drogues et l'alcool, ni son père le roi Charles III, ni son frère William, ni sa belle-mère et désormais reine consort Camilla, ou sa belle-sœur Kate. Son «frère bien-aimé et meilleur ennemi» est le plus critiqué de tous. Présenté comme colérique, William n'aurait jamais aimé son épouse Meghan qu'il jugeait «mal élevée et agressive», et aurait lors d'une dispute en 2019 jeté Harry à terre dans la gamelle du chien.

Harry et Meghan persona non grata au couronnement de Charles III?

Le palais de Buckingham garde le silence sur ces révélations qui font mauvais genre à l'approche du couronnement de Charles III le 6 mai. Mais la presse a fait état, citant des sources anonymes, du mécontentement des Windsor, plusieurs tabloïds assurant jeudi qu'Harry et Meghan n'étaient plus les bienvenus à cet événement à l'audience planétaire, déjà assombri par la brouille. «La famille s'attend à ce qu'Harry et Meghan trouvent une excuse pour ne pas venir», assure une source au Daily Mail.

Au Royaume-Uni, le prince est souvent décrit en enfant gâté et seuls 24% des Britanniques ont désormais une opinion favorable du duc de Sussex, selon un sondage YouGov réalisé après la sortie des mémoires. Avec sa femme Meghan, ils sont désormais encore plus impopulaires que le prince Andrew, frère de Charles III écarté de la monarchie après un scandale sexuel. Seuls 21% des Britanniques pensent que la principale motivation d'Harry est de donner sa version de son histoire, comme il l'affirme, alors que 41% pensent que c'est l'argent.

À lire: Que disent les sondages sur le prince Harry et qu’est-ce qui explique l’hostilité à son égard?

«Cela ressemble un peu à une manière de se faire de l'argent et de continuer à faire parler d'eux (Harry et Meghan, ndlr) dans la presse», regrette Shannon Simons, employée de l'hôpital de Liverpool visité par William et Kate interrogée par l'AFP. En revanche sa collègue Stacey Oats dit sa sympathie pour le couple californien: «Ils font un peu plus normal pour les plus jeunes, alors que la famille royale fait un peu dépassée». «C'est assez triste, ce qu'ils ont traversé. J'ai l'impression qu'Harry ne s'est pas remis de ce qui est arrivé à sa mère», poursuit la soignante de 35 ans.

Malgré l'hostilité d'une grande partie de la population, les mémoires se sont écoulés à plus de 1,4 million d'exemplaires en anglais le premier jour au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada, selon l'éditeur Penguin Random House. C'est du jamais vu pour un essai publié par ce géant de l'édition. La traduction française, qui avait été lancée avec un tirage de 210.000 exemplaires, fait l'objet d'un nouveau tirage de 130.000 exemplaires, ont indiqué à l'AFP les éditions Fayard. L'éditeur fait état d'une demande des libraires environ 20% supérieure à celle du premier tome des mémoires présidentiels de Barack Obama en 2020, «Une terre promise».

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