L'appel à l'aide des proches d'Olivier Vandecasteele : “Allons-nous abandonner un Belge innocent ?

L’humanitaire belge, détenu depuis 10 mois en Iran dans des conditions épouvantables, a été condamné mardi à 40 ans de prison et 74 coups de fouets. Sa sœur, Nathalie Vandecasteele, s’est confiée au magazine Knack. La famille commence à désespérer quant à sa libération.

La sœur d'Olivier, Nathalie Vandecasteele, photographiée lors d'une conférence de presse vendredi 09 décembre 2022
La sœur d’Olivier, Nathalie Vandecasteele, photographiée lors d’une conférence de presse vendredi 09 décembre 2022 @BELGAIMAGE

Arrêté en Iran le 24 février dernier, l’humanitaire belge Olivier Vandecasteele a été condamné à 40 ans de prison et 74 coups de fouets par le régime iranien fin novembre, apprend-on ce mardi. Il est accusé d’espionnage par le régime islamiste, et est emprisonné depuis presque un an dans des conditions déplorables. Dans un entretien au magazine Knack, la sœur d’Olivier Vandecasteele, Nathalie, s’inquiète de la détérioration de l’état de santé de son frère.

”Il ne porte qu’un T-shirt en coton, alors que la température dans sa cellule est souvent proche de zéro. Il ne mange que du riz et des lentilles. Il a déjà perdu plus de 25 kilos. Il souffre également depuis des mois de divers problèmes de santé, pour lesquels il ne reçoit pratiquement aucun soin”, détaille-t-elle à nos confrères flamands. Elle évoque “une infection au pied”, des “maux d’oreilles” et de “fulgurants maux de tête”, ainsi que des “douleurs à l’estomac et aux dents”. “Le seul point positif est qu’il semble encore mentalement au clair”, souligne Nathalie Vandecasteele.

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Le Belge est maintenu dans une cellule d’isolement depuis plus de dix mois. “Aucun étranger n’avait été détenu à l’isolement si longtemps, c’est un record, lui ont dit ses gardiens de prison”, déplore-t-elle. “Le seul bruit qu’il entend, de jour comme de nuit, est le bourdonnement de l’ampoule de sa cellule. Il est détenu dans des conditions tout simplement inhumaines et qui répondent à la définition de la torture, selon les Nations unies et Amnesty International”, rappelle-t-elle.

D’autant que la communication entre Olivier et les membres de sa famille est difficile : la dernière fois que ses proches ont pu le joindre, c’était le 24 décembre. Un appel placé sur écoute, évidemment. Le 4 janvier dernier, les services diplomatiques belges en Iran avaient pu rencontrer le travailleur humanitaire et avaient déjà constaté ses yeux cernés et son amaigrissement.

Le pire dans la situation, c’est qu’Olivier Vandecasteele avait terminé sa mission en Iran depuis 2021. Il n’était revenu que pour finir de déménager. Il a été arrêté lors de ce dernier séjour qui ne devait durer qu’une semaine maximum.

L’échange de prisonnier comme seule solution

Depuis sa condamnation, la seule issue pour libérer Olivier reste l’échange de prisonnier. “C’est le seul moyen de le faire revenir. Et il faut que ça aille vite, car l’Iran devient de plus en plus autoritaire. Négocier devient chaque jour plus difficile”, insiste sa sœur.

En effet, Téhéran cherche à l’échanger contre Assadollah Assadi, un membre des renseignements iraniens sous couverture diplomatique. Ce dernier a été condamné à 20 ans de prison en février 2021 par le tribunal correctionnel d’Anvers pour un projet d’attentat dans la banlieue parisienne déjoué en 2018. Le gouvernement belge avait conclu en mars 2022 avec l’Iran un accord sur le transfèrement des prisonniers, qui avait été approuvé, en juillet, par les députés belges. Mais le 8 décembre dernier, la Cour constitutionnelle belge a suspendu le texte au motif qu’il “semble violer le droit des victimes” étant entendu que si M. Assadi devait être transféré en Iran, il n’y purgerait pas la peine pour laquelle il a été condamné en Belgique.

”L’Amérique a extradé Viktor Bout, l’un des plus grands trafiquants d’armes au monde, vers la Russie pour libérer une citoyenne américaine (la joueuse de basket-ball Brittney Griner, NDLR). Si l’Amérique est prête à libérer une telle personne afin de récupérer un de ses citoyens, pouvez-vous difficilement prétendre que la Belgique ne devrait pas le faire ?” D’autant plus qu’Assadi serait théoriquement éligible à une libération conditionnelle dans trois ans, affirme-t-elle. “Allons-nous vraiment abandonner un Belge innocent pour quelqu’un qui pourrait être libéré d’ici quelques années ?”

 

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