Que disent les sondages sur le prince Harry et qu'est-ce qui explique l'hostilité à son égard?

Persona non grata au Royaume-Uni, le prince Harry est honni par certains, ultra-populaires chez d'autres, montrent les différents sondages.

Harry à Dusseldorf
Le prince Harry le 6 septembre 2022 à Dusseldorf, lors de l’événement One Year to Go ©BelgaImage

Ce mardi 10 janvier 2023, le prince Harry jettera un nouveau pavé dans la marre de la monarchie britannique. La sortie de son nouveau livre, «Le Suppléant»,  est si riche en révélations que les tabloïds d'Outre-Manche ne cessent d'y consacrer leurs unes depuis le début de l'année. Ce dimanche, en guise de prélude, Harry accordera deux interviews à des médias américains (dont une rediffusé par TF1), promettant ainsi d'alimenter la polémique. Mais au lieu d'unir les Britanniques à sa cause, ses critiques contre les abus de la famille royale alimentent surtout leur antipathie, démontrent les sondages menés dans le pays.

Une cote d'approbation en chute libre au Royaume-Uni

C'est notamment ce que dévoile l'enquête de YouGov réalisée pour le journal conservateur «The Times». Selon celle-ci, 44% des Britanniques voudraient désormais voir Harry définitivement déchu de ses titres (avec 32% pensant le contraire). Un résultat défavorable pour le prince, visiblement influencé par la diffusion sur Netflix d'une série-documentaire sur son couple avec Meghan. Selon ce même sondage, depuis la sortie de ce docu, 23% des personnes interrogées outre-Manche ont déclaré avoir une moins bonne image des deux tourtereaux partis en Californie. Seuls 7% ont déclaré penser l'inverse.

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Ces indicateurs représentent un coup dur pour Harry et Meghan mais cela ne s'arrête pas là, bien au contraire. Ils ne récoltent désormais plus que 17% d'avis favorables au sein du public britannique, contre 44% pour Kate et William. 53% jugent qu'ils ne mériteraient pas d'excuses de la part de famille royale (19% ont répondu le contraire). Enfin, preuve de l'hostilité ambiante à leur égard: 65% des sondés estiment qu'ils ont avant tout choisi de quitter la famille royale, alors que seuls 11% affirment qu'ils ont été en réalité expulsés de celle-ci.

Ces mauvais résultats sont confirmés par un autre média conservateur, «The Spectator», qui a demandé à Redfield & Wilton de mener un autre sondage à ce sujet. On s'aperçoit encore plus clairement ici de l'impact négatif du documentaire de Netflix sur l'opinion du public britannique à l'égard de Harry et Meghan. Fin novembre, avant la diffusion, 45% des Britanniques avaient une opinion «favorable» ou «très favorable», alors que 29% déclaraient le contraire. Depuis, les chiffres se sont complètement inversés, passant respectivement à 30% et 45%. Prise individuellement, la popularité de Meghan a elle aussi chuté. Sa réputation était à 36% positive et à 38% négative il y a moins de deux mois. Aujourd'hui, ces chiffres sont respectivement de 23% et 52%.

Ce qui rend impopulaire outre-Manche rend populaire outre-Atlantique

Pourquoi le public britannique est-il si peu réceptif aux critiques de la famille royale portées par Harry et Meghan? Après tout, ils dénoncent le racisme de l'élite du pays et les abus des tabloïds à leur encontre. Ils prônent également un idéal de liberté et de tolérance et pourtant, la sauce ne prend pas. Interrogé par 20 Minutes, l'historien Philippe Chassaigne estime qu'ils pâtissent du côté émotionnel de l'affaire tout en ayant toujours la stature de privilégiés. Le contexte n'aide pas non plus. «Les Britanniques sont lassés de les entendre se plaindre à longueur de temps quand eux sont confrontés à la crise économique», juge-t-il. Cela expliquerait qu'aujourd'hui, 81% des Britanniques disent ne pas être intéressés par le nouvel livre d'Harry, selon un sondage YouGov (avec 15% disant l'inverse).

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Comble de l'histoire: ce qui donne une si mauvaise image de Harry et Meghan au Royaume-Uni semble leur attirer les faveurs du public américain. Suite à la diffusion sur Netflix de la série-documentaire, un sondage de Newsweek a montré que 43% des Américains appréciaient la duchesse de Sussex, avec une cote en hausse de 23 points. Pour Harry, c'est encore mieux, avec 51% d'approbation et un bond de 38% (avec seulement 14% des Américains qui lui sont hostiles, et 20% pour Meghan). Selon le New York Times, cela s'explique par leur choix d'habiter en Californie, tout en prônant le changement au sein de l'institution codifiée de la famille royale. Cette fois, le fait d'apparaître comme des célébrités ne les désavantage pas en leur donnant l'image de membres de l'élite. Ici, il s'agit au contraire d'un point positif.

Cette dichotomie tend à confirmer la thèse des tabloïds britanniques: avec «Le Suppléant», Harry s'adresserait surtout aux Américains et moins aux Britanniques. Reste que dans son pays natal, ce livre arrive en pleine période de transition, Charles III devant encore officiellement accéder au trône après le décès d'Elizabeth II. Dans ce contexte, il n'est pas bon pour la famille royale de voir cette pluie de critiques s'abattre sur elle. Harry affirme notamment que William l'a jeté au sol lors d'une dispute à propos de Meghan, que son frère et Kate l'ont encouragé à porter un costume nazi qui avait fait polémique à l'époque, et qu'il avait été dissuadé de demander la réouverture de l’enquête sur la mort de Diana. Viendra-t-il au couronnement de son père, prévu pour le 6 mai 2023? La question reste en suspens, le prince affirmant à ITV qu'il pourrait se passer «plein de choses d’ici là».

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