USA: envoyé dans le blizzard, un reporter se plaint et devient viral: «regardez l'émission pour voir mon humeur s'empirer»

Journaliste sportif devenu reporter en plein blizzard, Mark Woodley n'a pas apprécié la tâche que lui a confié sa chaîne TV et l'a fait savoir.

Mark Woodley
Mark Woodley en direct sur KWWL ©Capture d’écran Twitter

C'est une habitude pour certains médias, surtout outre-Atlantique: quand il y a un phénomène météorologique particulier, il est demandé à un reporter d'intervenir en direct au milieu de la tempête. Cette semaine, la chaîne locale de l'Iowa KWWL (liée à NBC) a envoyé sur le terrain son journaliste sportif, Mark Woodley, pour qu'il montre le froid glacial qu'il fait dans la région. Une tâche qu'il a accepté de le faire mais visiblement pas de gaîté de cœur. Énervé par sa mission du jour, il a profité de ses interventions pour dénoncer en live ses conditions de travail. Une audace qui lui a permis de faire le buzz aux États-Unis.

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«Je suis presque sûr que quelqu'un aime me torturer»

La journée commençait mal pour Mark Woodley. Le pauvre journaliste a dû se lever tôt, très tôt, pour se rendre dans les rues désertes de sa ville: cinq heures avant l'heure à laquelle la population locale se réveille en moyenne. Autrement dit, il a dû affronter un froid glacial, à près de -20°C, afin que quelques téléspectateurs puissent le voir geler sur place. Une idée qui ne l'a pas réjouit et il l'a fait savoir.

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«Regardez l'émission pendant les prochaines heures pour voir mon humeur s'empirer», dit-il face caméra en riant jaune. «J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous. La bonne, c'est que je sens encore mon visage. La mauvaise, c'est que je préfèrerais ne plus le sentir», enchaîne-t-il plus tard. Puis quand le présentateur lui demande «Comment vous vous sentez dehors?», Mark Woodley ne peut contenir son agacement. «Encore une fois, exactement comme je me sentais il y a huit minutes quand vous m'avez posé la même question», lui répond-il.

Mais son calvaire n'en finit pas et l'épreuve devient littéralement une torture. «Je suis presque sûr que vous rallongé l'émission d'une heure parce que quelqu'un aime me torturer. Parce que comparé à il y a deux heures et demi, il fait juste de plus en plus froid», se plaint-il alors. Ce n'est qu'aux premières lueurs du jour que l'épreuve prend fin. «En direct depuis Waterloo, pour la dernière fois ce matin, heureusement», se réjouit-il en sentant la fin de ce reportage arriver.

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Décidé à ne pas en rester là, Mark Woodley a pris l'initiative de faire un best-off de ses interventions et de publier les images sur les réseaux sociaux. Depuis, il fait un carton. Sur Twitter, la vidéo cumule 7,4 millions de vues à l'heure d'écrire ces lignes. Tous les médias anglo-saxons en parlent, même les plus grands comme le New York Times et le Guardian. Une marque de T-shirts s'est même associée au journaliste pour créer une collection dont les ventes serviront à soutenir des refuges pour animaux.

Ce n'est pas la première fois que les chaînes de télévision américaines sont pointées du doigt pour réserver ce type de traitement à leurs journalistes. En 2018, le journaliste Gadi Swchartz, employé par la chaîne MSNBC, a ainsi dû réaliser un duplex sur la côte de Caroline du Nord, en plein ouragan Florence. MSNBC a été accusée de lui avoir fait prendre des risques inconsidérés.

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