Interdiction de l'IVG au Texas : les conséquences sur la santé des femmes et des nouveau-nés 

L’interdiction de l’interruption volontaire de grossesse a de graves conséquences sur la santé des femmes et des nouveau-nés au Texas. Des médecins tirent la sonnette d’alarme.

Les conséquences de l'interdiction de l'IVG au Texas
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Dans un article paru dans la revue « American Journal of Obstetrics Gynecology », des médecins tirent la sonnette d’alarme. Intitulée « Morbidité maternelle et conséquences fœtales chez des femmes enceintes à vingt-deux semaines de gestation ou moins avec complications dans deux hôpitaux du Texas après le vote de la loi sur l'avortement», la publication fait état des conséquences de l’interdiction de l’IVG sur la santé des femmes et des nouveau-nés au Texas.

Ces gynécologues estiment que la moitié des complications vécues par leurs patientes auraient pu être évitées si elles avaient pu avoir recours à une interruption de grossesse immédiate. En effet, de nombreuses complications peuvent menacer une grossesse, et la santé des femmes et des nouveau-nés, comme la rupture de la poche des eaux, un travail prématuré ou des saignements. Lorsque ces complications surviennent avant 22 semaines, l’interruption volontaire de grossesse est habituellement proposée aux patientes, la probabilité d’accoucher d’un enfant en bonne santé étant très faible.

Aux Etats-Unis, le droit à l’avortement a été révoqué par la très controversée Cour suprême qui a enterré le 24 juin l’arrêt " Roe v. Wade ". Depuis septembre 2021 au Texas, il est devenu impossible de mettre un terme à une grossesse à moins d’un « danger immédiat pour la vie de la mère ».

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Un seul enfant a survécu

Dans cet article publié dans l’« American Journal of Obstetrics Gynecology », les médecins racontent comment vingt-huit femmes atteintes de graves complications ont dû attendre que leur situation s’aggrave encore pour pouvoir mettre un terme à leur grossesse. Leur attente a duré neuf jours en moyenne et s’est soldée par la perte de l’enfant pour vingt-sept des patientes étudiées.

Un seul bébé a survécu suite aux complications de la grossesse de ces femmes et était encore en soins intensifs néonatals au moment de la rédaction de l’article. L’enfant, grand prématuré, souffre notamment d’une hémorragie cérébrale, d’un œdème cérébral, de lésions aux intestins, d’une affection pulmonaire chronique et d’une insuffisance hépatique. S’il survit, il risque de souffrir de graves problèmes de santé tout au long de sa vie.

De graves complications

Les complications durant ces grossesses ont également eu des conséquences sur la santé de 57% de ces femmes, graves dans un tiers des cas. Certaines ont été admises en soins intensifs, ont dû subir une opération chirurgicale ou une nouvelle hospitalisation. L’une d’elles a dû subir une hystérectomie, une ablation totale ou partielle de l’utérus, ce qui signifie qu’elle ne pourra plus jamais tomber enceinte.

Selon ces médecins, la moitié de ces complications auraient pu être évitées si l’IVG était toujours légale.

Pour rappel, chaque année, 25 millions d’avortements seraient réalisés dans des conditions dangereuses pour les femmes, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Et cela se traduit par des chiffres déconcertants. En effet, toutes les neuf minutes, une femme meurt d’un avortement clandestin dans le monde : « Cela nous rappelle que pour les femmes qui avortent, enfanter n’est pas une option. Elles préfèrent prendre le risque de mourir plutôt que de poursuivre leur grossesse, car être mère à ce moment de leur vie ne leur paraît tout simplement pas vivable », expliquait la gynécologue Ghada Gatem au magazine Slate en novembre dernier.

 

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