Afghanistan : retour en 7 dates sur la répression des femmes depuis le retour des talibans

En seize mois, les talibans ont multiplié les mesures liberticides à l’encontre des femmes, qui sont de plus en plus écartées de la vie publique et de l’accès à l’éducation.

Des manifestantes afghanes, en août 2022
Des manifestantes afghanes, en août 2022 @BELGAIMAGE

À leur retour au pouvoir après vingt ans de guerre, ils avaient promis de se montrer plus souples, notamment sur le plan du respect des droits des femmes. Mais leurs actions depuis seize mois confirment une crainte largement partagée : tout cela n’était que de la poudre aux yeux destinée à rassurer l’Occident.

Depuis leur prise de pouvoir le 15 août 2021, les talibans sont revenus à l’interprétation ultrarigoriste de l’islam, comme au temps de leur premier passage au pouvoir entre 1996 et 2001. Au lendemain d’une nouvelle atteinte à leurs droits fondamentaux- les études supérieures sont désormais interdites aux femmes depuis le 20 décembre- voici une chronologie en 7 dates montrant que les femmes sont à nouveau les premières victimes des talibans en Afghanistan.

Septembre 2021 : des classes séparées par sexe

Le 12 septembre, les talibans annoncent que les femmes peuvent fréquenter les universités dont les entrées et les salles de classe sont séparées par sexe. Elles ne peuvent recevoir des cours que de professeurs du même sexe, ou d’hommes âgés.

Mars 2022 : Empêchées d’aller à l’école

Le 23 mars, les écoles secondaires pour filles sont censées rouvrir, mais les talibans annulent finalement la directive. Des dizaines de milliers d’adolescentes sont exclues du système éducatif. L’Afghanistan devient le seul pays au monde où il est interdit aux filles de suivre des études secondaires.

Mai 2022 : Restez chez vous

Le 7 mai, le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, ordonne aux femmes de se couvrir entièrement en public, y compris le visage, et de rester à la maison, sauf en cas de nécessité. Il devient interdit aux femmes de voyager dans les villes sans être accompagnées d’un moharam, un parent masculin. Les femmes non «escortées» se voient refuser de plus en plus l’accès aux services essentiels.

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Août 2022 : Manifestantes réprimées

Le 13 août, des sympathisants du pouvoir battent des manifestantes qui scandaient «pain, travail et liberté». Ils tirent en l’air pour disperser une manifestation devant le ministère de l’Education à Kaboul. Les journalistes couvrant les manifestants sont arrêtés.

Novembre 2022 : parcs interdits

Les talibans interdisent les parcs et jardins de Kaboul aux femmes afghanes. Jusqu’alors des horaires et jours différenciés avaient été instaurés pour qu’hommes et femmes ne se croisent pas. Il leur est également défendu d’entrer dans les fêtes foraines, les gymnases et les bains publics.

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Décembre 2022 : Flagellations

Au lendemain de la première exécution publique depuis leur retour au pouvoir, les talibans font flageller 27 personnes, dont des femmes dans le centre du pays, pour une série d’infractions allant de la «sodomie» et de l’adultère à la contrefaçon et à la débauche.

Décembre 2022 : Plus d’université pour les femmes

Depuis ce mercredi 21 décembre, des gardes armés empêchent des centaines de jeunes femmes d’entrer dans les campus universitaires, après un communiqué laconique du ministre de l’Enseignement supérieur annonçant un arrêté «suspendant l’éducation des femmes jusqu’à nouvel ordre». Une nouvelle interdiction qui survient moins de milliers de jeunes femmes ont passé les examens d’entrée à l’université dans tout le pays. En raison des vacances d’hiver, les universités sont fermées et sont censées rouvrir en mars.

Suite à cette dernière décision, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est dit «profondément alarmé». «Des décennies de progrès en matière d'égalité des sexes et de droits des femmes ont été anéanties en quelques mois. Nous devons continuer à agir ensemble, unis dans notre insistance sur les garanties de respect de l'ensemble des droits des femmes», a déclaré de son côté Sima Bahous, directrice exécutive d'ONU Femmes.

 

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