Quand Eva Kaili, soupçonnée de corruption, encensait le Qatar devant le Parlement européen (vidéo)

Moins de trois semaines avant son interpellation, la vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili ne tarissait pas d’éloges à l’égard de l’Emirat.

Eva Kaili @BELGAIMAGE

Presque une pièce à conviction. Le 21 novembre 2022, à la tribune du Parlement européen, celle qui était alors sa vice-présidente, Eva Kaili, s’exprimait sur la situation du Qatar, en lien avec la Coupe du monde de football. Et à la lumière des accusations de corruption qui la vise, la prise de position de l’eurodéputée socialiste semble de moins en moins défendable. Eva Kaili louait alors à la tribune les avancées concernant le droit du travail au Qatar, tout en ironisant sur les soupçons de corruption entourant l’attribution de l’une des plus grosses compétitions sportives au monde.

«La Coupe du monde au Qatar est une preuve que la diplomatie sportive peut accomplir une transformation historique dans un pays, avec des réformes qui ont inspiré les pays arabes», affirmait-t-elle dans une envolée largement partagée sur les réseaux sociaux ,depuis son interpellation, vendredi 9 décembre. «J’ai été la seule à dire que le Qatar est un leader en matière de droit du travail, avec l’abolition de la kafala (un système faisant des salariés des quasi propriétés de leurs employeurs, ndlr) et l’introduction du salaire minimum», ajoutait l’élue.

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Dans une prise de parole qu’elle doit sans doute maintenant regretter, elle estimait également que les autorités qataries, qui se seraient «ouvertes au monde», seraient injustement l’objet de discrimination : «certains accusent tous ceux qui leur parlent ou s’engagent [auprès d’elles] de corruption. Mais malgré tout, ils prennent leur essence», lançait-elle à la tribune du bâtiment Louise-Weiss à Strasbourg.

«Sa position est qu'elle est innocente»

Auditionnée depuis vendredi dans une enquête de la justice belge sur des soupçons de corruption en lien avec le Qatar, Eva Kaili s’est vu retirer samedi son mandat de vice-présidente du Parlement européen par la présidente Roberta Metsola.

«A la lumière des enquêtes judiciaires en cours menées par les autorités belges, la présidente Metsola a décidé de suspendre avec effet immédiat tous les pouvoirs, devoirs et tâches qui ont été délégués à Eva Kaili en sa qualité de vice-présidente du Parlement européen», a annoncé samedi un porte-parole de Mme Metsola.

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Mardi, l’avocat d’Eva Kaili  a assuré que sa cliente n'avait accepté aucun «pot-de-vin du Qatar». «Sa position est qu'elle est innocente. Elle n'a rien à voir avec les pots-de-vin du Qatar», a affirmé l'avocat Michalis Dimitrakopoulos, sur la chaîne privée grecque Open TV. Interrogé pour savoir si de l'argent avait été découvert au domicile de sa cliente, le juriste a indiqué : «Je ne confirme ni ne dément, il y a une confidentialité. Je n'ai aucune idée si de l'argent a été trouvé ou combien a été trouvé».

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