Le président chinois Xi Jimping coincé entre sa politique « zéro Covid » et la grogne populaire

Après des mois de mesures sanitaires strictes, les manifestations pourraient bien avoir raison de la drastique politique zéro Covid menée par la Chine.

Le président chinois Xi Jimping coincé entre sa politique « zéro Covid » et la grogne populaire
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Xi Jimping est dos au mur. Sa politique « zéro Covid » trouve ses limites. Près de trois ans après l'apparition du virus, les Chinois vivent toujours au rythme des tests PCR et des quarantaines. Mais ces derniers jours, les rues se sont animées de manifestants. 

La mobilisation avait débuté fin novembre dans la ville d'Urumqi après qu'un incendie ait coûté la vie à 10 personnes. Les mesures sanitaires avaient été pointées du doigt pour expliquer le retard accusé par les service de secours. Depuis, le soulèvement populaire ne fait que s'amplifier. Shanghai, Pékin, Wuhan... aux quatre coins du pays, des slogans volent. «Non aux confinements, nous voulons la liberté», «Xi Jinping, démissionne!», «Parti communiste chinois, retire-toi!».

Une peur de l'escalade 

Et si l'impact de la politique menée sur la seconde économique mondiale avait laissé le leader chinois de marbre, la grogne populaire le pointant directement du doigt produit ses premiers effets.  À Canton, par exemple, le confinement en vigueur depuis des semaines a été levé. Depuis ce vendredi, les habitants de Chengdu ne sont plus dans l'obligation de montrer un test négatif pour entrer dans lieux publics ou pour prendre le métro. À Pékin, les hôpitaux ne peuvent pus refuser l'administration de soins en cas d'absence de test PCR de moins de 48 heures.

Dans de nombreuses autres villes, des supermarchés rouvrent. Tout comme des écoles ou des restaurants. Le tout, à l'encontre des règles de confinement encore de vigueur.

Plus de flexibilité

« Le variant Omicron permet plus de souplesse », s'est contenté le Président. L'omnipotent dirigeant manie la pondération et la délicatesse. S'il ne veut pas que les plus importantes manifestations depuis la mobilisation de Tiananemen en 1989 fragilisent le pouvoir. Il ne veut pas non plus totalement se désavouer sur sa politique sanitaire menée sans concession.

Les premiers assouplissements ne sont aujourd'hui que localisés à certaines régions. Mais tout porte à croire que le pouvoir central pourrait prendre dans les prochaines semaines des positions moins drastiques permettant au peuple chinois respirer à nouveau, et à l'économie de reprendre des couleurs.

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