La Russie s'indigne du dernier discours du pape François: «Ce n'est plus de la russophobie, c'est une perversion»

Le ministère russe des affaires étrangères a fortement désapprouvé les propos du pape François, qui s'est montré très critique envers Moscou.

Pape François
Le pape François, le 30 novembre 2022 au Vatican ©BelgaImage

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé jeudi des propos «pas chrétiens» du pape François, après que ce dernier eut qualifié de «cruels» les soldats russes issus de certaines minorités ethniques et combattant en Ukraine. «Ce n’est plus de la russophobie, c’est une perversion à un niveau que je ne peux même pas nommer», a ajouté sa porte-parole, Maria Zakharova.

Lavrov: «Ça n'aide pas à l'autorité du Saint-Siège»

«Le pape François a fait il y a peu des déclarations pas du tout compréhensibles, absolument pas chrétiennes, désignant deux peuples de Russie, pour dire qu'on doit s'attendre de leur part à des atrocités lors de combats militaires», a estimé le ministre russe lors d'une conférence de presse. «Ça n'aide pas à l'autorité du Saint-Siège», a-t-il ajouté.

Depuis trois jours, différents responsables russes se sont offusqués de propos tenus par le pape lors d'un entretien avec un journal jésuite et dans lequel François évoquait la cruauté des Tchétchènes et Bouriates servant dans l'armée russe en Ukraine. La Tchétchénie est une république du Caucase russe à majorité musulmane, la Bouriatie est, elle, une région bouddhiste de Sibérie située entre le lac Baïkal et la Mongolie. La Russie a été accusée d'envoyer au front de manière disproportionnée des hommes appartenant à des minorités ethniques de Sibérie et du Caucase, régions pauvres et reculées. Une unité basée en temps de paix en Bouriatie a ainsi été accusée d'avoir joué un rôle central dans le massacre de civils à Boutcha, près de la capitale Kiev. La Russie a nié ces crimes et évoqué une "mise en scène" de l'Ukraine et de ses alliés occidentaux.

Les hommes du dirigeant tchétchène, Ramzan Kadyrov, se sont eux forgés la réputation de combattants impitoyables en pourchassant une rébellion djihadiste dans le Caucase russe au début des années 2000, mais aussi en éradiquant toute forme d'opposition. Ils ont également été déployés en Ukraine, participant notamment à la conquête de la ville ukrainienne portuaire de Marioupol, largement détruite aujourd'hui.

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