Sport, économie, énergie… Le Qatar est-il influent en Belgique ?

Le football place le Qatar tant décrié au cœur de la scène internationale. Mais la prochaine Coupe du monde ne représente que la face visible de son influence croissante, jusqu’en Belgique.

© BelgaImage

Le Qatar doit en partie sa prospérité aux États-Unis et à l’Europe qui entretiennent volontiers leurs relations commerciales avec l’émirat. La Belgique ne fait pas exception. Ce n’est pas un hasard si en 2015 une mission économique a conduit la princesse Astrid, une délégation ministérielle et une centaine d’entrepreneurs belges dans la péninsule. Officiellement, l’objectif était de “pousser le Qatar à améliorer les droits”. Objectif probablement sincère, la ­Belgique venant encore d’annoncer une coopération internationale pour former des inspecteurs du travail sur place. Mais cette visite n’était pas non plus totalement désintéressée. Le pays représentait déjà à l’époque une économie grandissante aux nombreuses opportunités, notamment pour les entre­prises de la construction.

Il faut relativiser le poids du Qatar qui bénéficie d’une loupe grossissante grâce à la Coupe du monde”, tempère Dominique Delattre, inspecteur général du département géographique de l’Agence wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers. Au niveau belge, l’émirat n’est que le 70e client de la Belgique, autant dire que les entreprises belges exportent très peu vers cette destination. Par contre, l’émirat est le 28e fournisseur du plat pays. “90 % des importations sont des produits minéraux, en l’occurrence des matières énergétiques et plus particulièrement du gaz.”

Paris – Doha – Eupen

Des importations qui devraient augmenter dès l’an prochain afin de combler le manque de matières ­russes en raison de la guerre en Ukraine. Le terminal de Zeebruges est une plaque tournante du gaz et du GNL au niveau européen. Pour autant, les liens directs avec le Qatar sont moins nombreux chez nous qu’en France, par exemple – la propriété du club du PSG en est une illustration flagrante. Autre exemple: aux États-Unis, le Qatar est actionnaire du terminal gazier texan Golden Pass. Les riches familles de l’émirat ont par ailleurs investi dans Volkswagen et Porsche, dans AccorHotels, dans TotalEnergies… et un tas d’autres multinationales. Indirectement, rappelle Thierry Zintz, ancien président de l’Observatoire européen du sport et de l’emploi et professeur émérite au sein de la faculté d’éducation physique de l’UCLouvain, le club de foot d’Eupen, partenaire du PSG, est également lié à l’organisateur du Mondial.

À lire aussi : Coupe du monde 2022: les Bleus vont financer des ONG de défense des droits humains

L’ensemble de l’Europe collabore avec l’émirat. De manière directe, comme pour l’énergie, mais l’Europe laisse aussi faire, car le pays innove dans divers secteurs technologiques comme l’imagerie médicale ou en termes de design urbanis­tique. Le Qatar a été fier d’annoncer que les stades étaient démontables, ce qui réduit leur empreinte ­environnementale. L’Occident profite de ces innovations. Le Qatar fait aujourd’hui avancer la science et les connaissances”, commente encore Suzan Gibril.

Cet article est extrait de notre dossier World Cup 2022 : Les secrets du Qatar

couverture Moustique

© Prod.

Sur le même sujet
Plus d'actualité