La Pologne touchée par des missiles dont l’origine reste trouble et ayant fait deux morts

La Pologne a décidé de convoquer des consultations urgentes avec l'Otan après que des missiles ayant touché son territoire.

Autorités polonaises
Le chef du bureau de la Sécurité nationale polonaise, Jacek Siewiera, et le porte-parole du gouvernement polonais, Piotr Müller, à Varsovie après l’incident des missiles le 15 novembre 2022 ©BelgaImage

La Pologne a décidé, mardi soir, de relever le niveau d’alerte de certaines unités militaires, a annoncé le porte-parole du gouvernement, alors que des médias évoquent des explosions de missiles présumés russes sur le territoire de ce pays membre de l’Otan. Les pompiers polonais et le ministère polonais des Affaires étrangères confirment que deux personnes ont été tuées lors de cet incident survenu à 15h40 (14h40 GMT) mardi dans une exploitation agricole située dans le village polonais de Przewodów, à environ six kilomètres de la frontière avec l’Ukraine. Varsovie devrait mettre le sujet sur la table d’une réunion de l’Otan ce mercredi 16 novembre. Le flou subsiste toutefois encore sur l’origine réelle des missiles en question.

Un missile russe ou un missile anti-aérien ukrainien?

Suite à l’explosion, Varsovie avait confirmé que le missile était "très probablement de fabrication russe", mais qu’il n’y avait à ce stade pas de "preuve équivoque" sur l’auteur du tir. L’Ukraine et la Russie utilisent toutes deux des missiles de conception soviétique. Des accusations dénoncées par Moscou qui qualifie de "provocations" les informations selon lesquelles des missiles russes ont frappé la Pologne.

Les pays occidentaux et le G7 ont globalement fait part de leur soutien envers Varsovie, la plupart en insistant toutefois sur la nécessité de continuer l’enquête sur l’origine des missiles. Les chefs d’Etat ou de gouvernement des Etats-Unis, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, du Canada, du Japon se sont retrouvés peu avant 01H00 GMT en marge du sommet du G20 à Bali, en présence des dirigeants espagnol, néerlandais et de l’Union européenne. Ils ne se sont pas exprimés devant la presse présente pour le début de la rencontre, qui a continué à huis-clos.

S’adressant à des journalistes après une réunion d’urgence avec les autres dirigeants du G7 en marge du sommet du G20 à Bali, Joe Biden a indiqué que les informations préliminaires montraient qu’il était "improbable" […] que le missile ait été tiré depuis la Russie. Outre les présidents ou chefs de gouvernement des États-Unis, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, du Canada et du Japon, les dirigeants de l’Espagne, des Pays-Bas et de l’Union européenne ont aussi participé à cette rencontre d’une heure.

Selon certaines indications, le missile qui a frappé un village de l’est de la Pologne était un missile anti-aérien provenant d’Ukraine. C’est ce qu’a déclaré mercredi le président américain Joe Biden aux dirigeants du G7, d’après DPA. Il aurait ainsi parlé d’un missile du système S-300.

La Pologne en alerte

"Il vient d’être décidé de relever le niveau d’alerte de certaines unités de combat… et d’autres personnels en uniforme", a déclaré le porte-parole Piotr Müller, à l’issue d’une réunion d’urgence du Conseil de la sécurité nationale. "Nos services sont actuellement sur le terrain pour déterminer ce qui s’est passé", a-t-il déclaré aux médias. Le président polonais Andrzej Duda s’est entretenu avec le président américain Joe Biden et le chef de l’Otan Jens Stoltenberg, alors que les responsables polonais ont indiqué envisager de convoquer des consultations urgentes avec les dirigeants de l’Otan en vertu de l’article 4 de l’Alliance. L’article 4 du traité de l’Otan stipule que des consultations peuvent être organisées lorsqu’un membre de l’Alliance estime que son "intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité" sont menacées. "Nous vérifions le bien-fondé du recours à l’article 4", a déclaré Jacek Siewiera, chef du Bureau de sécurité nationale de la Pologne. "Nous avons des contacts très intensifs avec nos principaux alliés", a-t-il ajouté. D’autre part, selon ses services, le ministre de la Défense polonais, Mariusz Blaszczak doit s’entretenir dans les heures qui viennent avec son homologie américain Lloyd Austin.

Il est "absolument essentiel d’éviter l’escalade de la guerre en Ukraine", a exhorté pour sa part mardi soir le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, se disant "très préoccupé" par les informations faisant état de l’explosion en Pologne d’un missile de fabrication russe. Dans un court communiqué transmis par son porte-parole, M. Guterres a appelé de ses vœux une "enquête approfondie" sur ce tir, qui a fait deux morts et qui pourrait marquer une escalade majeure du conflit en Ukraine avec l’implication d’un membre de l’Otan. "Il ne faut pas d’escalade. Il ne s’agit pas de faire la guerre à la Russie", a également fait savoir la France. "Il y a plein d’autres dispositifs qui permettent d’organiser la solidarité avec l’Ukraine. Et dans le cas de la Pologne, il revient à la Pologne de dire quelles seraient ses demandes".

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