Explosion en Pologne : " Je n’ai aucun doute que ce missile n’était pas à nous ", insiste Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky insiste: le missile qui a tué deux personnes dans un village polonais près de la frontière avec l'Ukraine était russe.

Le missile tombé en Pologne était
Zelensky © Belga Image

Je n’ai aucun doute que ce missile n’était pas à nous" , a déclaré M. Zelensky à la télévision. " Je crois que c’était un missile russe" , a-t-il ajouté alors que les responsables de l’Otan ont estimé qu’il s’agissait probablement d’un missile de système ukrainien de défense anti-aérienne.

Il a par ailleurs affirmé n’avoir reçu des Occidentaux aucune preuve de l’hypothèse d’un projectile ukrainien tiré pour abattre les missiles de croisière russes, lancés contre le territoire ukrainien lors d’une attaque massive. " Avons-nous le droit de recevoir les preuves de nos partenaires à huis clos? Nous n’avons rien reçu" , a lancé M. Zelensky tout en soulignant que Kiev voulait faire partie d’un groupe d’enquête international sur cet incident.

Initialement, les autorités polonaises avaient également supposé que le missile devait venir de Russie mais elles ont ensuite jugé ce scénario improbable. La Pologne, tout comme l’Otan et les États-Unis, jugent que l’incident a " probablement " été causé " par un missile de système ukrainien de défense anti-aérienne tiré pour défendre le territoire ukrainien contre les missiles de croisière russes" , selon les mots du chef de l’Otan, Jens Stoltenberg.

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L’Ukraine a demandé " un accès immédiat " au site en Pologne où le missile est tombé pour enquêter sur l’incident. M. Zelensky veut savoir sur quelle base ses partenaires occidentaux concluent que le missile provient de son pays. L’incident a fait craindre que l’Otan soit entraînée dans le conflit, la Pologne étant protégée par un engagement de défense collective de l’Alliance atlantique. La Russie a nié avoir tiré un missile sur un village polonais près de la frontière avec l’Ukraine.

Washington accrédite la thèse d’un missile de défense ukrainien

Les Occidentaux jugent toutefois que la responsabilité de cet " accident " incombe à la Russie, qui a démarré la guerre et a mené mardi des bombardements massifs sur l’ensemble du territoire de l’Ukraine, également près de la frontière avec la Pologne. La Maison blanche a encore réitéré mercredi soir que " rien ne contredisait " la thèse selon laquelle le missile tombé en Pologne provient de la défense ukrainienne, tout en soulignant que la Russie est " au bout du compte, responsable ".

Les Américains n’ont " rien vu qui contredise " ce scénario, avancé par Varsovie mais rejeté par Kiev, a estimé mercredi une porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Adrienne Watson. " Nous avons pleinement confiance dans l’enquête menée par le gouvernement polonais sur l’explosion survenue près de la frontière avec l’Ukraine et nous saluons le professionnalisme et la rigueur avec laquelle elle est conduite " a-t-elle ajouté, au nom de cet organisme rattaché au président Joe Biden.

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Cela étant dit, quelles que soient les conclusions définitives, il est clair que la Russie est, au bout du compte, responsable de cet événement tragique " à cause de ses frappes contre les infrastructures civiles ukrainiennes, a-t-elle estimé dans un communiqué, en ajoutant: " l’Ukraine avait, et a, le droit de se défendre.

Les déclarations de Zelensky ont été critiquées par la Hongrie, le gouvernement hongrois estimant que le président ukrainien donnait " un mauvais exemple ". " Dans une telle situation, les dirigeants mondiaux s’expriment de manière responsable" , a déclaré à la presse Gergely Gulyas, chef de cabinet du Premier ministre Viktor Orban.

Or " le président ukrainien, en accusant immédiatement les Russes, a eu tort, c’est un mauvais exemple" , a-t-il ajouté, saluant au contraire l’attitude prudente de la Pologne et des États-Unis. L’incident a fait craindre une escalade majeure, puisque la Pologne, membre de l’Otan, est protégée par un engagement de défense collective, mais la tension retombait partiellement mercredi.

La Russie convoque l’ambassadeur polonais 

Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué mercredi l’ambassadeur polonais à Moscou, a indiqué la diplomatie russe, au lendemain d’un tir de missile meurtrier en Pologne ayant fait craindre une escalade dans le conflit en Ukraine.

Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué avoir signifié au diplomate polonais, Krzysztof Krajewski, " le caractère inacceptable du renforcement en Pologne d’une hystérie anti-russe " après l’incident. " Alors qu’il faisait nuit et qu’il n’y avait à ce moment-là aucune information fiable sur ce qui venait de se passer, Varsovie a jugé nécessaire de convoquer l’ambassadeur russe et de transformer cela un show politique" , a dénoncé la diplomatie russe, tout en appelant la Pologne à ne pas prendre part à " de sales provocations ".

Le Pentagone qualifie les frappes de " crime de guerre "

Le chef d’état-major américain, le général Mark Milley, a jugé mercredi que les frappes de missiles russes ayant visé la veille les infrastructures d’énergie civile en Ukraine constituaient un " crime de guerre ".

S’exprimant lors d’une conférence de presse, le plus haut gradé des États-Unis a estimé que la Russie avait échoué sur tous les fronts dans sa guerre contre l’Ukraine, et y menait par conséquent une " campagne de terreur ".

Il a cependant estimé peu probable, au moins à court terme, que l’Ukraine puisse déloger militairement la Russie de l’ensemble des territoires qu’elle occupe dans le pays, y compris la Crimée. " La probabilité d’une victoire militaire ukrainienne, expulsant les Russes de tout l’Ukraine y compris (…) la Crimée, la probabilité que cela se passe de sitôt n’est pas très élevée militairement" , a-t-il déclaré.

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