USA: Trump est-il assuré de représenter les républicains en 2024?

Si Trump fait tout pour garder le contrôle sur le parti républicain, son omniprésence est contestée au sein de son camp, avec la présidentielle en vue.

Trump dans l'Ohio
Donald Trump le 7 novembre 2022 à Dayton (Ohio) ©BelgaImage

Ce 8 novembre, les élections de mi-mandat vont décider du nouveau visage du Congrès américain. Selon les sondages, le camp républicain devrait l’emporter à la Chambre des représentants, voire possiblement aussi au Sénat. Il ambitionne aussi de ravir aux démocrates plusieurs postes de gouverneurs pour diriger plusieurs États à travers le pays. Si tout cela se produit, cela donnerait un gros avantage à Donald Trump en vue de la présidentielle de 2024. Pour autant, malgré l’aura de l’ancien chef d’État, son parti est plus divisé qu’il n’en a l’air. En quête d’une alternative, les républicains tentent de faire émerger une autre figure, plus consensuelle. Une tâche difficile puisqu’en parallèle, Donald Trump fait tout pour asseoir sa position.

DeSantis, ce Trump en plus respectable

Ce mardi, s’il y a bien une personnalité républicaine qui compte marquer des points, c’est Ron DeSantis. D’une famille 100% d’origine italienne, cet homme de 44 ans a été élu sur le fil gouverneur de Floride en 2018 (avec 49,6% des voix, contre 49,2% pour son opposant démocrate Andrew Gillum). À l’époque, il n’attire que peu l’attention mais il comprend très vite que c’est en adhérant au trumpisme qu’il se fera une réputation. Lui qui était auparavant un modéré s’attire les faveurs du président, fait l’éloge du mur à la frontière mexicaine, minimisé le danger représenté par le coronavirus, édicté des lois contre la communauté LGBTQI+, etc. Aujourd’hui, il semble bien parti pour être réélu à la tête du "Sunshine State". Les sondages lui donnent environ 11 points d’avance sur le démocrate Charlie Crist.

Ron DeSantis semble donc bien parti pour devenir une figure majeure du parti républicain. Sa particularité, c’est que désormais, il tend à se détacher de sa figure tutélaire, Donald Trump. Il a récupéré son style mais en même temps, il a une personnalité très différente. Il est jeune, issu d’une famille bien plus modeste (sa mère était infirmière et son père installateur de télévision), a une carrière universitaire brillante (en passant par Yale et Harvard), peut s’enorgueillir d’avoir été à la Navy (d’où son travail à Guantanamo et en Irak), est populaire chez les Hispaniques, etc. Bref, autant de qualités prestigieuses au pays de l’Oncle Sam que l’ex-locataire de la Maison Blanche ne possède pas. "Nous sommes en rupture avec Trump", confie à CNN une source anonyme proche du Floridien.

Trump ou DeSantis?

Le gouverneur de Floride pourrait donc représenter un candidat important lors des primaires républicaines à venir en vue de la présidentielle. Et pourtant, il n’a pas encore fait connaître sa volonté de s’y présenter. Il est en effet dans une situation inconfortable. D’un côté, il s’attirerait facilement les faveurs des républicains lassés de Trump. L’ancien vice-président Mike Pence a par exemple fait savoir qu’il préfèrerait "quelqu’un d’autre" pour les prochaines élections, sans citer de nom. D’autre part, Ron DeSantis pourrait craindre de paraître pour un "traitre" à Donald Trump. Une position dangereuse vu l’emprise de l’homme d’affaires sur le parti. Ce dernier a d’ailleurs déjà un surnom péjoratif pour qualifier son potentiel adversaire: "Ron DeSanctimonious" ("sanctimonious" voulant dire "bigot" ou "moralisateur").

À lire: Midterms 2022 : les enjeux des élections de mi-mandat

Pour l’instant, l’ex-président n’a pas encore non plus présenté de candidature à la présidentielle. Cela ne pourrait toutefois pas tarder. Il a fait savoir ce lundi soir qu’il fera une "très grande annonce" le mardi 15 novembre. Serait-ce le moment où il franchirait le pas? Les médias américains imaginent bien ce scénario. Ils ont d’ailleurs déjà commandé des sondages pour imaginer les chances de Donald Trump de s’imposer lors des primaires. Selon les derniers en date, celui-ci aurait une large avance, avec près de 50% contre environ 20% pour DeSantis et 8% pour Mike Pence. La dynamique à suivre va déterminer si les cartes peuvent être rebattues ou pas. Ce 6 novembre, Donald Trump a d’ailleurs mobilisé une foule d’électeurs… en Floride. Une façon de chasser sur le terrain de DeSantis et de déclarer la guerre avant l’heure, supposent les médias d’Outre-Atlantique.

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