COP27 : qui est Alaa Abdel Fattah, le militant emprisonné par l’Egypte ayant entamé une grève de la soif ?

À l’occasion de la COP 27 qui a lieu dans son pays, le détenu politique Alaa Abdel Fattah a entamé une grève de la soif pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme. Ses heures sont désormais comptées.

Alaa Abdel Fattah en 2019 au Caire, avant son dernier emprisonnement par le régime egyptien
Alaa Abdel Fattah en 2019 au Caire, avant son dernier emprisonnement par le régime egyptien @BELGAIMAGE

Son ombre plane sur Charm El-Cheikh depuis le 6 novembre, malgré le fait qu’il soit emprisonné à plus de 600 kilomètres de la station balnéaire accueillant la COP27. Alaa Abdel Fattah, 40 ans, avait entamé en avril une grève de la faim, n’ayant pour tout apport calorique quotidien qu’un peu de miel et une solution salée.

Depuis l’ouverture de la grande réunion de l’ONU sur le climat, le prisonnier politique égyptien, défenseur des droits de l’homme dans le pays et farouche opposant au régime ultra-répressif du maréchal Al-Sissi, a cessé complètement de s’alimenter et a entamé une grève de la soif. Très affaibli, le militant laïc risque de mourir dans les prochains jours voire les prochaines heures, s’il n’est pas libéré ou s’il prolonge sa grève de la soif.

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Mardi, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a réclamé sa libération. Il a regretté "profondément que les autorités égyptiennes n’aient toujours pas libéré le blogueur et militant" dont "la vie est en grand danger". "Nous sommes extrêmement inquiets pour sa santé", a indiqué la porte-parole du Haut-Commissaire.

Des milliers de détenus d’opinion

Plus tôt, le premier ministre britannique, Rishi Sunak, le président français, Emmanuel Macron, et le chancelier allemand, Olaf Scholz, avaient déjà interpellé le président égyptien au sujet d’Abdel Fattah, sans qu’Al-Sissi ne fasse jusqu’ici de commentaire public. Le chef de la diplomatie égyptienne et président de la COP27, Sameh Choukri, a lui assuré à la chaîne de télévision CNBC qu’Alaa Abdel Fattah "bénéficie de tous les soins nécessaires en prison".

Ce que réfutent les proches du détenu, dont sa sœur, Sanaa Seif. Alaa est "en train de mourir", a-t-elle alerté jeudi. "Il n’y a plus beaucoup de temps, au mieux soixante-douze heures, pour libérer Alaa Abdel Fattah. Si [les autorités égyptiennes] ne le font pas, cette mort sera dans toutes les discussions à la COP27", a renchéri dimanche la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.

Figure de la révolution de 2011 qui avait renversé Hosni Moubarak, puis bête noire du président Abdel Fattah Al-Sissi, l’informaticien et blogueur est devenu citoyen britannique au printemps dernier, sa mère détenant la double nationalité. Il a passé l’essentiel des neuf dernières années derrière les barreaux.

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Pour appuyer le combat d’Abdel Fattah, trois journalistes égyptiennes ont annoncé entamer une grève de la faim pour réclamer sa libération. "Nous arrêtons de nous nourrir maintenant parce qu’Alaa Abdel Fattah est en danger de mort" a expliqué à l’AFP, l’une d’elles, Mona Selim. Les trois journalistes ont réclamé "la libération de tous les détenus d’opinion", qui sont plus de 60.000 en Egypte, selon les ONG.

 

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