L’Égypte, hôte de la COP27, critiquée pour ne pas respecter les droits humains

Alors qu'elle accueille la COP27, l'Égyptée a été critiquée par l'Allemagne et plusieurs ONG sur le plan des droits humains.

Président égyptien al-Sissi
Le président égyptien al-Sissi au Caire le 25 août 2022 ©BelgaImage

"La situation des droits de l’homme en Égypte n’est pas à la hauteur" de la "responsabilité particulière" de ce pays qui accueille à partir de dimanche la COP27, a critiqué la représentante du gouvernement allemand pour les droits de l’homme.

"L’Égypte assume une responsabilité particulière"

Elle demande notamment la libération du journaliste et activiste Alaa Abdel Fattah et de son avocat Mohammed El Baqer. "Ce n’est que par un échange ouvert d’idées et d’approches que nous parviendrons à maîtriser la crise climatique", souligne la représentante du gouvernement allemand Luise Amtsberg, dans un communiqué. "En revanche, lorsque la peur de la répression prédomine, l’engagement de la société civile ne peut pas exister à long terme", avertit le communiqué diffusé avant l’ouverture de la COP27 dimanche.

Le chancelier allemand Olaf Scholz se rendra à la conférence de l’ONU lundi et mardi. Soulignant que "l’Égypte assume une responsabilité particulière et un rôle de leader en organisant cette conférence", Berlin estime que cela "signifie aussi et surtout assumer la responsabilité de la protection des droits de l’homme". "Or, la situation des droits de l’homme en Égypte n’est pas à la hauteur".

À lire: COP27: quelles personnalités politiques seront présentes (ou pas)?

L’Allemagne juge "inacceptable que des personnes qui veulent exprimer librement leur opinion et qui défendent ce droit soient punies par de longues peines de prison, parfois dans des conditions inhumaines". Le communiqué cite le cas d’Alaa Abdel Fattah, figure centrale de la "révolution" ayant mis fin au règne d’Hosni Moubarak en 2011: il est détenu depuis 2019 et a été condamné fin 2021 à cinq ans de prison pour diffusion de "fausses informations". "La libération de M. Fattah, qui court un grave danger en raison de sa grève de la faim, ainsi que celle d’autres prisonniers politiques, serait un signe important que l’Égypte prend cette responsabilité au sérieux", souligne l’Allemagne.

À lire: COP27 : ce genre de sommet “vert” est-il devenu le greenwashing ultime ?

Plusieurs campagnes internationales pour les droits humains ont été lancées à l’approche de la COP27 à Charm el-Cheikh en Egypte, un pays régulièrement pointé du doigt pour avoir muselé opposition, presse et réseaux sociaux. Près de 200 pays se réunissent du 6 au 18 novembre pour la 27e conférence de l’ONU sur le climat.

Sur le même sujet
Plus d'actualité